L'action publique saisie par des mouvements étudiants et scolaires : l'enseignement supérieur, la vie politique et l'expérience militante au Niger (1960-2010)

par Tatiana Smirnova

Thèse de doctorat en Anthropologie sociale et ethnologie

Sous la direction de Mahaman Sanoussi Tidjani Alou.

Soutenue en 2015

à Paris, EHESS .


  • Résumé

    A l'intersection de la sociologie des mouvements sociaux et des politiques publiques, cette recherche étudie, à partir de l'enseignement supérieur au Niger, le processus de la régulation politique et s'intéresse au rôle de la contestation dans les interactions entre politics et policies. Le travail s'appuie sur les documents concernant le développement du système d'enseignement supérieur au Niger, la littérature militante, journaux, rapports ainsi que sur soixante-quinze entretiens semi-directifs. La thèse examine l'action publique à travers les mobilisations des scolaires et étudiants nigériens depuis les années 1960 et jusqu'à l'année 2010. Elle étudie l'histoire mal connue mais importante de l'Union des Scolaires Nigériens: les paradoxes de son émergence et de son renforcement dans le contexte des régimes de Diori Hamani et de Seyni Kountché, peu propices à la contestation, ainsi que son rôle dans l'avènement de la Conférence Nationale en 1991 et dans la vie politique du Niger par la suite. La recherche propose de saisir l'action publique en matière de l'enseignement supérieur à partir de l'analyse des rapports entre les autorités et les mouvements de contestation. Elle montre une continuité entre l'époque considérée comme "autoritaire" et la période "démocratique" en termes de production des politiques publiques lesquelles reposent sur la routinisation de la répression, de la rétribution, de la redistribution et du contrôle dans un contexte de réformes néolibérales. La recherche s'interroge par ailleurs sur les pratiques de violence au sein des structures militantes, utilisées par elles comme une stratégie de subversion de l'ordre politique dominant.


  • Résumé

    Located at the intersection of the sociology of social movements, higher education studies and public policy scholarship, this research focuses on the issues of political regulation embedded in the relationship between political authorities and student protest which co-produce policies and politics in higher education in Niger. Covering fifty years of regime change and successions of coups d'état (1960-2010), the research is grounded in a historical approach. Based on extensive material provided by three periods of fieldwork in Niger, it draws on seventy-five semi-structured interviews with former activists, many of whom were high-ranking officials, as well as on a wide range of activist and state archives, documents concerning the development of Niger's education system, local newspapers and reports of international organizations. Focusing on historical sociology of higher education in Niger, the research shows that the process of political regulation expresses itself via socialization of political and social elites through their activist experience. This finally contributes to the reinforcement of mutual dependance between students and the authorities while the latter concert politics into policies and vice versa by reallocating and redistributing ressources as well as by suppressing and controlling students.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (478 f., [4] f. de dépl.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p.386-426

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