La parabole de la palourde : ontogénèse d’un attachement inter-spécifique dans la lagune de Venise : ethnographie de son récit biographique

par Florence Menez

Thèse de doctorat en Anthropologie sociale et ethnologie

Sous la direction de Philippe Descola et de Glauco Sanga.

Soutenue en 2015

à Paris, EHESS en cotutelle avec l'Università Ca' Foscari (Venise, Italie) .


  • Résumé

    Fondée sur une enquête de terrain menée dans la lagune de Venise entre 2009 et 2014, cette thèse vise à montrer les processus d'intégration à l'oeuvre lors d'une invasion biologique animale, en mettant l'objet de recherche, soit la palourde Philippine en tant qu'actif et actant, au centre des interactions, et en observant la manière dont les différents acteurs (palourde, pêcheurs, néo-pêcheurs et institutions), nouent des relations interspécifiques qui redéfinissent les ontologies de chacun dans une complexité partagée en constante mutation. Dans un territoire tiraillé par de multiples intérêts commerciaux, industriels, écologiques, touristiques, tapes philippinarum, espèce exotique envahissante, est devenue une source de prospérité inespérée et un vecteur de controverses écologiques et sociales depuis son introduction volontaire en 1983. La thèse est divisée en deux parties: la première concerne la définition de l'identité de la palourde, alors qu'usages, représentations, savoirs et pratiques redessinent les frontières de l'alterité. Pour rendre cette palourde singulière "bonne à manger", des stratégies discursives, législatives et techniques sont engagées. Une mythographie de l'abondance et un questionnement des catégories permettent l'hybridation de la sauvage et étrangère "palourde à la dioxine" en domestique "indigène" puis en "palourde d'Etat". La seconde partie développe les actions matérielles, les innovations techniques, la législation et les politiques environnementales. Passant de la dynamique de la prédation à la contrainte institutionnelle de l'élevage, les pêcheurs s'hybrident eux aussi pour s'approprier une palourde qui résiste à la domestication.


  • Résumé

    After its voluntary introduction to the Venetian Lagoon in 1983, the invasive and exotic Manila clam species has become an unexpected source of prosperity, as well as a carrier of social and ecological problems. The clam, fishermen and intitutions of the area tied together interspecific relationships that led to a redefinition of ontologies within a system of shared complexity. This allochtonous and wild species, called "dioxin clams", had to undergo a metamorphosis transformation to become an hybrid, not without controversy, in order to be integrated and locally incorporated. Through a series of idea-led and material operations, a mythography of abundance and a questionments of categories, the clam species was grdually considered "indigenous", "traditional" or "domestic", and finally even "the state clam". In dealing with this singular clam, the fishermen invented and adapted their representations and practices, predatorily resisting the attempts of clam domestication by institutional agencies that aim to impose clam-farming as a way of exploiting the lagoon's resources. Through a dichotomy between the fishermen's contextual knowledge and the de-contextualized knowledge of nature of institutional agencies on the other, conflicts are played on the new definition of confines, on the reappropriation of a space, and of a clam which elude all imposed rules.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (500 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 469-489

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  • Bibliothèque : Médiathèque du musée du quai Branly - Jacques Chirac.
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