Contraindre pour soigner ? : les tensions normatives et institutionnelles de I'intervention psychiatrique après l'asile

par Delphine Moreau

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Nicolas Dodier.

Le président du jury était Florence Weber.

Le jury était composé de Numa Murard, Anne Paillet, Corinne Rostaing.


  • Résumé

    Cette recherche explore la persistance de la contrainte au sein d'une psychiatrie qui a aujourd'hui profondément évolué : soins majoritairement libres et extra-hospitaliers, réduction fortes des durées de séjour. Elle l'étudie à travers deux dimensions : les pratiques coercitives elles-mêmes, resituées dans l'ensemble des interventions des professionnels, et les dispositifs institutionnels, légaux, architecturaux, spatiaux, qui cristallisent un certain arbitrage entre les tensions normatives entre soin, sécurité et liberté - dispositifs dans lesquels ces pratiques prennent place, qui les informent et qu'elles s'approprient voire transforment au sein de nouveaux équilibres. L'exercice de la contrainte n'a cessé d'être au cœur des accusations portées contre la psychiatrie, parfois par les professionnels eux-mêmes : accusation d'arbitraire, d'abus, de violence. Il est parallèlement défendu au nom de la protection des personnes elles-mêmes. L'enquête suit les variations critiques auxquelles les différentes pratiques sont inégalement exposées et les formes de régulations dont celles-ci font l'objet. Pour ce faire, cette recherche s'appuie sur (1) une analyse des dispositifs légaux et réglementaires encadrant les pratiques de contrainte et leur articulation avec l'organisation spatiale des soins de 1838 à 2013, (2) une enquête ethnographique en différents lieux de prise en charge, principalement au sein d'un secteur (service d'hospitalisation, 6 mois, centre d'accueil et de crise, 3 mois), complétée par des observations en contrepoint (hospitalisation et urgences psychiatriques, 2 mois), et (3) des entretiens avec les professionnels des services (n=61).


  • Résumé

    This research explores the use of coercion by psychiatry, which has been deeply evolving since asylum: care is today mainly free and ambulatory, durations of stay have been strongly reduced. This issue is approached through two dimensions: first coercive practices themselves, put in perspective among the interventions of trie professionals, second, the institutional, legal, architectural, spatial dispositifs [apparatus, assemblage], which crystallize a certain arbitration among normative tensions between care/cure, security and freedom. The use of coercion has always been at the core of the charges of arbitrary, abuse, violence, carried against psychiatry, sometimes by the professionals themselves. It is nevertheless advocated in the name of the protection of the people coerced themselves. The inquiry follows how different practices are unequally exposed to the critics and the variation of the forms of their regulations. In order to do so, this research is based on (1) an analysis of the legal and regulatory apparatuses framing the practices of constraint and their binds to the spatial organization of psychiatric care from 1838 to 2013, (2) an ethnographic investigation in various psychiatric care units mainly within a « psychiatric sector » (hospitalization unit, 6 months, crisis centre, 3 months), supplemented by other observations (hospitalization and emergency units, 2 months), and (3) interviews with professionals of the units (n=61).

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Informations

  • Détails : 1 vol. (518 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.463-489. Notes bibliogr.

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  • Bibliothèque : Fondation Maison des sciences de l'homme. Bibliothèque.
  • PEB soumis à condition
  • Bibliothèque : École des hautes études en sciences sociales. Thèses.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TPE 2015-152
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