La guerre aux civils : les violences contre les populations juives d'Ukraine (1917-1924) : guerre totale, occupations, insurrections, pogroms

par Thomas Chopard

Thèse de doctorat en Histoire et civilisations

Sous la direction de Alain Blum.

Le président du jury était Sylvie Anne Goldberg.

Le jury était composé de Dominique Arel, Catherine Gousseff, Christian Ingrao, Nicolas Werth.


  • Résumé

    La guerre civile qui s'est déroulée dans l'ancien empire russe après 1917, a constitué pour les populations juives d'Ukraine la pire persécution avant la Shoah, une confrontation avec une guerre terrible et meurtrière ainsi qu'une nouvelle vague de violences spécifiquement antisémites. Le présent travail explore donc les raisons de l'émergence d'une nouvelle forme d'antisémitisme, pétri de ressentiment religieux et économique, mais renouvelé en profondeur par l'émergence du mythe du judéo-bolchevisme. L'antisémitisme connut une embellie suite à la révolution de 1917 parce que la figure du Juif servait tout particulièrement de repoussoir aux mouvements nationalistes ukrainien et russe qui s'affrontaient avec les partisans d'un pouvoir soviétique en Ukraine. L'antisémitisme servit par conséquent de base à la gestion au quotidien par les armées combattantes, de plus de deux millions de Juifs ukrainiens. Et il ouvrit sur des séries de pogroms extrêmement violents dont la perpétration est analysée en détails dans ses constantes et ses variations. Une attention toute particulière est donnée aux formes les plus extrêmes de cette violence antisémite portée par des voisins contre leurs voisins juifs, confinant à des cas de nettoyage ethnique et d'extermination. Dans un dernier temps sont analysés les effets immédiats et à plus long terme sur les victimes de cet déchaînement de violences : réfugiés de guerre gérés brutalement par les pays voisins, recomposition de la population et intégration à la nouvelle société soviétique.


  • Résumé

    Civil War that ravaged the former Russian Empire after 1917, was also the moment of the worst anti-Jewish persecution before Holocaust, a mix between a deadly war and a new wave of specific violence against Jews. This work explores why emerged a new form of anti-Semitism, fulfilled with religious and economic resentment, but also deeply renewed by a new powerful myth : judeo-bolshevism. Anti-Semitism worsens after 1917 revolution because the Jew's image was a powerful imaginary antagonism for nationalisms - both Ukrainian and Russian - that fought against the supporters of a soviet regime in Ukraine. Anti-Semitism was therefore a basic category in daily management of civilian populations, and especially of the two million Jews in Ukraine, by fighting armies. This context led to mass perpetration of anti-Jewish pogroms that are analysed in details in their patterns and variations. The most extreme forms of violence are emphasized, especially cases of violence from Christians against their Jewish neighbours that moulded a politic of ethnic cleansing and sometimes of extermination. Finally are analysed the immediate and long term effects of violence on the victims. Massive war refugees were brutally managed by neighbour countries, in a last moment of violence. Recomposition of the Jewish population and its prompt integration to the new Soviet society closed this sequence of a decade of war.

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  • Détails : 1 vol. (660 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.593-623. Notes bibliogr.

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  • Cote : TPE 2015-147

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