Les sciences sociales et l'action au Bureau international du travail (1920-1939)

par Marine Dhermy-Mairal

Thèse de doctorat en Sciences de la société

Sous la direction de Eric Brian.

Soutenue en 2015

à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales , en partenariat avec Centre Maurice Halbwachs (Paris) (laboratoire) .

Le président du jury était Florence Weber.

Le jury était composé de Philippe Steiner, Martine Kaluszynski.


  • Résumé

    Cette recherche doctorale porte sur l'histoire des pratiques scientifiques du Bureau international du travail de Genève entre 1920 et 1939. Celles-ci sont appréhendées comme un moment de rencontre entre deux types de préoccupations, scientifique et politique, visant à faire advenir une morale internationale fondée sur la science sociale. En posant le cadre général des recherches de l'organisation, assorti d'une description des trajectoires et d'une analyse des discours des fonctionnaires chargés de les mettre en oeuvre, cette thèse explore l'usage qui est fait de la science et de la scientificité au BIT. Cette oeuvre est ensuite scrutée par une étude de la méthode d'une enquête, l'Enquête sur la production, et aux marges par la contribution des acteurs de sciences sociales mobilisés par le directeur de l'organisation. C'est dans le cadre d'une histoire des sciences sociales et des statistiques que ces activités sont inscrites, avec une focale particulière sur les sciences sociales durkheimiennes, dont la présence est ici questionnée. L'apport propre de quatre disciples d'Emile Durkheim au travail scientifique du Bureau international du travail est étudié, dans une attention constante à leur production intellectuelle et à la forme de leur engagement. Inversement, notre travail s'intéresse à l'appropriation, par ces durkheimiens, de la finalité morale de l'organisation, comme partie intégrante de leur œuvre scientifique. Ce moment particulier d'interaction entre la science et l'action nous permet de faire tenir en un seul récit une histoire des savoir-faire administratifs du Bureau international du travail et une histoire des sciences sociales de l'entre-deux-guerres.


  • Résumé

    This doctoral dissertation is about the history of scientific practices at the International Labor Organization between 1920 and 1939. They are considered as a moment of convergence between both scientific and political concerns, aimed at establishing an international moral that would be based on social sciences. We set the general organization of research at ILO, tracked civil servants and scientists trajectories, analyzed their discourses on science and scientificity. We then turned more particularly on an epistemological and political study of the "Enquiry on production", with a special focus on scientific collaborations which helped leading the enquiry. These activities are deepened through a history of statistical thinking and social sciences. On the one hand, we paid a sustained attention to the intellectual and scientific contribution to ILO's work of four disciples of the French sociologist Emile Durkheim. On the other hand, and conversely, we also looked at the moral role that was attributed to ILO by these scientists within their intellectual durkheimian's framework. This peculiar moment of interaction between science and action allows us to write a unique story which intertwines a history of administrative savoir-faire with a history of social sciences in the interwar.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (493 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.463-493. Notes bibliogr.

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  • Bibliothèque : Fondation Maison des sciences de l'homme. Bibliothèque.
  • PEB soumis à condition
  • Bibliothèque : École des hautes études en sciences sociales. Thèses.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TPE 2015-118
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