Vers un réalisme social des êtres collectifs : du mode d'existence des objets sociaux, des institutions et des entreprises

par Sophie Berlioz

Thèse de doctorat en Philosophie et sciences sociales

Sous la direction de Frédéric Nef.

Soutenue en 2015

à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales , en partenariat avec Institut Jean-Nicod (Paris) (laboratoire) .

Le président du jury était Pascal Engel.

Le jury était composé de Virgile Chassagnon, Bernard Conein, Maurizio Ferraris, Pierre Livet.


  • Résumé

    Ce travail d'ontologie sociale porte sur la nature et la dynamique des collectifs sociaux tels que les objets sociaux ordinaires, les institutions, les entreprises. Il vise à comprendre si des êtres sociaux distincts des individus qui les composent peuvent exister et si oui, comment cette existence se manifeste. Plus précisément, il entend mettre au jour les liens qui existent dans la réalité sociale entre individus et collectifs à partir de l'examen du mode d'existence des objets sociaux et du mode d'être ensemble des collectifs. L'approche adoptée est réaliste : elle soutient que les objets sociaux et les institutions, même s'ils sont dépendants des êtres humains, impulsent des processus dynamiques, des interactions, voire des états qui sont réels et autonomes par rapport à nos manières de les penser. Pour comprendre cela, nous posons la distinction théorique entre deux types d'êtres sociaux collectifs. Les êtres collectifs de type 1 (EC1) correspondent aux objets sociaux collectivement reconnus : une entreprise, un billet de banque, une œuvre d'art. Les êtres collectifs de type 2 (EC2) correspondent aux groupes sociaux qui agissent, se coordonnent en vue d'un objectif commun, agissent et forment, sous certaines conditions, des agents collectifs. C'est le cas, par exemple, des entreprises ou de tout groupe organisé en vue d'une fin qui survit à la variation de ses membres. Après avoir successivement étudié la nature - mixité, rétroactivité, processus- et les modes d'existence - survenances-, de ces deux types d'êtres collectifs, nous montrons qu'ils sont étroitement liés dans les institutions. Les institutions sont à la fois un objet social collectivement reconnu et un lieu d'action collective. Nous montrons à partir d'analyses et d'exemples que la compréhension des activités qui y ont cours suppose la prise en compte de ces deux aspects. Dans la dernière partie de ce travail, les outils ontologiques dégagés dans les analyses précédentes sont appliqués à l'entreprise. Ainsi, nous proposons une ontologie de l'entreprise analysée comme organisation hiérarchique, lieu d'actions, de pouvoir, et de réseaux formels et informels. Les questions d'intégration des agents dans le tout qu'est l'entreprise, de la possibilité de la formation d'un agent collectif et enfin de la permanence de. L'entreprise dans le temps, font l'objet d'un examen détaillé permettant de dégager les propriétés fondamentales de cet être social.

  • Titre traduit

    Toward A Social Realism Of Collective Entities : the Mode Of Existence Of Social Objects, Institutions And Business Enterprises


  • Résumé

    This work in the area of social ontology concerns the nature and the dynamics of collective social entities such as, social ordinary objects, institutions and firms. The aim is to understand whether social entities that are distinct from individuals that make them up can exist, and if so how they can exist and be real. More specifically, the aim is to evidence the links within social reality between individuals and collectives, from an exploration of the modes of existence of social objects and modes of "togetherness" in collectives. Our approach is realist: we defend that social objects and institutions are mind-dependant, but that the dynamics and the interactions processes that it enables are real. For this purpose, we propose a theoretical distinction between two types of collective social entity. Typel collective entities (EC1) correspond to objects that are collectively recognised, such as firms, bills, work of art. Type 2 collective entities (EC2) correspond to groups of individuals who can associate, coordinate with a view to a common objective, and in certain conditions act as collective agents. For instance, it is the case for the business enterprises which survives to the substitution of its members. After successively considering the nature and modes of existence of these two types of collective entity (mixed compositions, retroactivity, processes) we will show that they are closely linked within institutions. Institutions are both social objects that are collectively recognised, and places of collective action. Using different analyses and examples, we will show that the understanding of the activities occurring within these settings requires two aspects to be taken into account. In the last part of this work the ontological tools identified in the earlier analyses are applied to the business enterprise, analysed as a hierarchical organization, place of power, action and formal and informal networks. The questions of integration of agents into the entity formed by the business enterprise, of the possibility of acting as a collective agent and of the sustainability of the business enterprise over time are also examined in detail, outlining the fundamental properties of this specific social entity.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (392 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.371-391. Notes bibliogr.

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  • Bibliothèque : Fondation Maison des sciences de l'homme. Bibliothèque.
  • PEB soumis à condition
  • Bibliothèque : École des hautes études en sciences sociales. Thèses.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TPE 2015-106
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