Les Processus de valorisation de la musique enregistrée dans l'ère du numérique

par Pierre Garcin

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Emmanuel Pedler.

Le président du jury était Estebán Buch.

Le jury était composé de Philippe Le Guern, Pascal Hintermeyer, Sophie Maisonneuve.


  • Résumé

    L'industrie de la musique enregistrée a vu son chiffre d'affaires baisser de plus de 60% depuis le début des années 2000. L'examen des relations entre les différents acteurs impliqués dans la constitution d'une « culture acousmatique » depuis la fin du XIXe siècle, l'industrie, les médias, les journalistes et les publics notamment, permet de mettre en évidence qu'alors que l'écoute de musique est de plus en plus largement répandue au sein de la population et qu'elle acquiert une dimension intime, la diffusion est concentrée autour d'un nombre de plus en plus réduit de références, avec pour conséquence un ressentiment grandissant chez les amateurs passionnés. Dans un contexte d'hyperchoix, les nouvelles sorties sont nombreuses à être devenues « anonymes », car non inscrites dans des cercles de sociabilité, ce qui leur donne pourtant toute leur valeur. C'est en mettant à profit les possibilités d'échanges offertes par le net et le numérique, qui n'ont pas été pris au sérieux par l'industrie, que des artistes émergents sont parvenus à créer des liens forts avec des publics passionnés, souvent eux-mêmes artistes ou impliqués dans des micro-réseaux de promotion, qui se sont largement multipliés. On assiste ainsi à l'émergence d'un « marché de l'affectif » qui présente autant de nouvelles potentialités pour les artistes émergents que de risques. Outre que l'importance prise par la promotion / diffusion tend à défavoriser les artistes issus des couches populaires de population, les relations de confiance entre publics et artistes pourraient être mises à mal du fait d'une exploitation par les industries culturelles considérée comme malvenue par les publics passionnés.

  • Titre traduit

    The promotion process of recorded music in the digital era


  • Résumé

    The recorded music industry saw its sales drop by more than 60 % since the beginning of 2000s. The examination of the relations between the various actors involved in the constitution of an " acousmatic culture " since the end of the XlXth century, the industry, the media, the journalists and the publics in particular, allows to highlight that while music listening is more and more widely spread within the population and while it acquires an intimate dimension, the distribution is concentrated around an ever decreasing number of references, resulting in a growing resentment of the enthusiasts. In a context of hyperchoice, the new releases are numerous to have become "anonymous", for they aren't registered in social circles, which give them all their value. It is by taking advantage of the possibilities of exchange offered by the internet and the digital technology (which were not taken seriously by the industry) that emergent artists succeeded in creating strong links with music enthusiasts, often artists themselves or involved in promotional micro-networks, which have widely multiplied. We so attend the emergence of an "emotion market" which presents many new potentialities for the emergent artists, but also great risks. Besides that the importance taken by the promotion / distribution tends to disadvantage the artists coming from popular classes, confidence-inspiring relations between publics and artists could be damaged because of an exploitation by the cultural industries which might be considered as inopportune by the public enthusiasts.

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  • Détails : 1 vol. 348 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.337-348. Notes bibliogr.

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  • Cote : TPE 2015-92

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