Quand le métro rencontre la ville : échelles et cadres d'action d'un grand projet à Delhi

par Bérénice Bon

Thèse de doctorat en Géographie

Sous la direction de Loraine Kennedy.

Le président du jury était Alain Dubresson.

Le jury était composé de Éric Denis, Alain Musset.

Les rapporteurs étaient Gilles Pinson, Marie-Hélène Zérah.


  • Résumé

    En questionnant un grand projet d'infrastructure, cette thèse a pour objectif de contribuer à une meilleure compréhension des changements, mais aussi des formes de continuité dans la phase actuelle de restructuration des villes indiennes en termes de gouvernance, de pratiques de l'urbanisme et de l'aménagement urbain, et de gestion des effets sociaux des politiques urbaines. L'Inde est face au boom d'une industrie du métro : plus d'une vingtaine de projets sont en cours, demandant des investissements financiers considérables et générant des chantiers gigantesques associant transport et opérations immobilières. Si, dans la littérature scientifique, les grands projets sont définis comme emblématiques des réformes néolibérales de gestion urbaine, le cas du métro de Delhi témoigne de l'impulsion décisive de l'État central et l'affirmation d'un modèle étatique dont le but (ostensible) est de maintenir une exécution et une prise de décision efficaces. Le rôle d'agences spécialisées dans le développement urbain (en charge des transports, de l'aménagement) est de plus en plus important, en agissant sous le contrôle direct du gouvernement central et des gouvernements régionaux. Le référentiel dominant pour traiter les problèmes urbains est celui de l'ingénierie technique qui n'est pas cantonné au sein des agences spécialisées, mais est légitimé par les instances politiques les plus élevées et disqualifie ceux dont les savoirs, les compétences et les approches ne relèvent pas de ce référentiel. Cela est lourd de conséquences pour la gestion des impacts de ces grands projets qui échoit à l'échelon du local dans les mains des élus et des organisations citadines.


  • Résumé

    By analysing the conception and the implementation of an infrastructure megaproject, this thesis will contribute to a better understanding of the changes as well as the continuities in the actual restructuration phase of Indian cities in terms of governance, urbanism practices and urban development, the management of the social effects of urban policies. In India, the twenty on-going projects of metro rail request a considerable amount of financial investment and are associated with real estate developements. As scholars consider megaprojects symbolic to urban management neoliberal reforms, the Delhi metro case shows the decisive role of the central State and the affirmation of its state-led model. Conspicuously, it aims to maintain efficiency in the decision-making and implementation processes by imposing a frame to private investors with specific instruments, and spatial engineering processes. The role played by specialized agencies (in charge of transports and urban planning) in the urban development is more and more important through the direct control of the central and the federal States. The dominant référentiel to manage urban issues is technical engineering which is not confined to parastatal agencies but rather legitimized at the highest political levels. The management of the social and spatial impacts of the megaproject falls to the local scale in the hands of politicians and local communities, far from the arenas where the megaproject is decided.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (412 f.)
  • Annexes : Bibliogr. p.395-412. Notes bibliogr.

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  • Bibliothèque : Fondation Maison des sciences de l'homme. Bibliothèque.
  • PEB soumis à condition
  • Bibliothèque : École des hautes études en sciences sociales. Thèses.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TPE 2015-89
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