L'emploi de l'insécurité : fonctions sociales et expériences professionnelles des travailleurs de la sécurité privée en France

par Sébastien Bauvet

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Serge Paugam.

Le président du jury était Bénédicte Zimmermann.

Le jury était composé de Ève Chiapello.

Les rapporteurs étaient Laurent Mucchielli, Françoise Piotet.


  • Résumé

    S'attachant à l'analyse conjointe des évolutions sécuritaires et de la précarisation du travail et de l'emploi, cette thèse étudie un groupe professionnel de plus en plus visible mais encore méconnu : les travailleurs de Ia sécurité privée. En explorant la construction symbolique et matérielle du groupe, elle montre un paradoxe entre montée en puissance du secteur d'activité et faible reconnaissance des salarié. E. S. Celui-ci s'explique par l'origine dégradée de ce type de postes, et les conséquences d'une externalisation qui ménage le profit économique et social des employeurs et des donneurs d'ordres au détriment de la stabilité de l'emploi et de le valorisation du travail. On constate aussi que le recrutement repose essentiellement sur l'orientation par défaut et l'urgence d'emploi. L'expérience de rupture préalable et les conditions d'« insécurité sociale » nourrissent ici une disposition à assumer de fortes responsabilités et faire face à l'« insécurité civile » : c'est un aspect essentiel du sens de l'emploi de l'insécurité. Recrutant dans les catégories fragilisées de la société (en termes d'origines sociales et/ou ethno-nationales), le groupe demeure peu enclin à former des collectifs de travail. La lutte contre l'incertitude et la recherche de reconnaissance s'effectuent aux marges de l'idéologie sécuritaire, par la mobilisation de ressources acquises dans des instances professionnelles ou d'apprentissage précédentes. Ainsi, la plasticité du groupe des travailleurs de la sécurité privée dans la manière d'assurer ses fonctions s'accorde aux facettes implicites du durcissement des sociétés de contrôle.


  • Résumé

    Focusing on the joint analysis of security trends and the casualization of labor and employment, this thesis studies an increasingly visible but yet still little known professional group: private security workers. In exploring the symbolic and material construction of the group, it shows a paradox between rising power of the sector and the lack of recognition of employees. This is explained by the poor public perception of this type of position, and the consequences of outsourcing to maximize the economic and social benefit for employers and contractors to the detriment of job security and the valorization of the work of employees. There is also evidence that recruitment is essentially based on default orientation and the urgency of securing work. The prior experience of social ruptures and the conditions of "social insecurity" here feed a disposition to accept great responsibilities and to face "civil insecurity" : this is an essential aspect of the meaning of working in insecurity. Recruiting in the vulnerable categories of society (in terms of social and/or ethno-national background), the group does not tend to form workers' collectives. The struggle against uncertainty and the search for recognition occurs at the margins of the security ideology, through the mobilization of resources acquired in previous employment or education. Thus, the plasticity of the manner in which the private security workers' group handles its functions corresponds to the implicit features of the intensification of societies of control.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (601, 485 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.567-593. Notes bibliogr.

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  • Bibliothèque : Fondation Maison des sciences de l'homme. Bibliothèque.
  • PEB soumis à condition
  • Bibliothèque : École des hautes études en sciences sociales. Thèses.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TPE 2015-85
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