Aujourd'hui pense à moi. Francis Picabia. Ego, Modernité 1913-1927

par Aurélie Verdier

Thèse de doctorat en Histoire (option : histoire de l'art)

Sous la direction de Eric Michaud.


  • Résumé

    « Moi je ne suis rien, je suis Francis Picabia ». C'est dans cette tension entre exaltation et rejet du moi que l'artiste a indiqué sa position dans la modernité. Son refus de l'action collective s'est exprimé au cœur de la Grande Guerre dans une œuvre centrée non pas sur l'histoire ni sur des problèmes d'ordre plastique, mais sur le moi. Personnage conceptuel de l'avant-garde, ego est articulé à l'analyse que Sigmund Freud fit en 1915 de la mélancolie, entendue comme imitation pathologique du deuil et comme perte du moi. Ce travail s'efforce de réviser certaines des certitudes les mieux établies sur l'artiste - tels que son refus de la répétition et son goût de la contradiction - pour proposer de voir dans ego un acteur capital de l'histoire des formes modernes, producteur de ses propres ruptures. Couvrant une période qui va de l'orphisme de 1913 jusqu'à la peinture maximaliste des Monstres de 1924-1927, une première partie analyse le portrait, la tache et le nom propre comme trois « objets du moi » chez Picabia, en rupture avec la représentation traditionnelle du sujet et les codes auctoriaux. Une deuxième partie examine trois exemples de procédures du peintre : d'abord, avec l'omniprésence du rond dans son œuvre, ce signe d'un moi incertain s'appareille à une autre circularité, attribué à la mélancolie et à la manie. Puis, le rapport ambivalent de Picabia à la figure de Picasso est envisagé comme alternative à l'idée d'influence. Enfin, c'est à partir du remploi secret que l'artiste fit des images mécaniques que naît la réponse réactionnelle de Picabia face à la menace d'une mécanisation de l'art désavouée dans son discours, mais repérable partout dans l'œuvre.

  • Titre traduit

    « Today think of me. Francis Picabia, Ego, Modernity, 1913-1927 »


  • Résumé

    « I am nothing, I am Francis Picabia. » In this tension between exaltation and rejection of the self the artist signalled his position within modernity. His refusal of collective action expressed itself during the First World War in an oeuvre focused neither on history nor on formal problems, but on the self. The present study articulates the ego, a conceptual figure of the avant-garde, along the lines of Sigmund Freud's 1915 analysis of melancholy, understood as a pathological imitation of mourning and as a loss of self. The project, in tracking Picabia's key gestures, seeks to revise some of the best established certitudes about the artist - the refusal of repetition, for example, or the taste for contradiction - in order to reconsider the ego as a crucial actor in the modern history of forms, producing its own ruptures. The first section, extending from the orphic period of 1913 to the maximalist painting of 1924-1927 known as the Monstres, analyzes the portrait, the stain, and the proper name as three « objects of the self» breaking with traditional representation of the subject and authorial codes. A second section examines three examples of the painter's procedure : first, the omnipresence of the round form in his oeuvre as the sign of an uncertain self is paired with another circularity, that attributed to melancholy and mania. Next, the ambivalent relation of Picabia to Picasso is envisaged as an alternative to the idea of influence. Finally, and decisively, the artist's covert re-use of mechanical images led to his reactional response to the threat of a mechanization of art explicitly disavowed by Picabia but present everywhere in the work.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 1 vol. (406 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.363-394. Notes bibliogr. Index

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Fondation Maison des sciences de l'homme. Bibliothèque.
  • PEB soumis à condition
  • Bibliothèque : École des hautes études en sciences sociales. Thèses.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TPE 2015-67
  • Bibliothèque : Bibliothèque Kandinsky - Centre de documentation et de recherche du Musée national d'art moderne - Centre de création industrielle.
  • Non disponible pour le PEB

Cette version existe également sous forme de microfiche :

  • Bibliothèque : Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne (Paris).
  • Non disponible pour le PEB
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.