Cui Fujun, un juge des enfers entre empereurs et magistrats locaux : étude d'un culte dans la Chine du Xe au XVe siècle

par Huayan Wang

Thèse de doctorat en Histoire et civilisations

Sous la direction de Christian Lamouroux.

Le président du jury était Vincent Goossaert.

Le jury était composé de Pierre Marsone, Pierre-Étienne Will.


  • Résumé

    Prenant principalement appui sur des sources épigraphiques, ce travail est centré sur l'histoire politique et sociale d'un culte du Xe au XVe siècle. Ce culte, né dans la Chine du Nord, est inspiré de diverses sources autour d'un personnage nommé Cui Fujun. Il s'est d'abord développé dans des sociétés locales avant d'être officiellement reconnu à la fin du Xe siècle pour avoir légitimé plusieurs successions impériales ou avoir protégé le territoire de l'empire. Plusieurs dynasties d'origines ethniques différentes trouvèrent des intérêts à s'approprier ce culte. Cette faveur dynastique a contribué à sa popularité dans les sociétés locales qui créèrent à leur tour des sources pour alimenter cette croyance. Notre étude se déroule en deux étapes et sur deux terrains. D'abord, nous étudions le rôle politique du culte de Cui Fujun, d'abord au sein d'une seule dynastie, celle des Song (960-1279), pour analyser son rôle dans les crises de succession impériales ; puis entre deux dynasties rivales, les Jin (1115-1234) et les Song, qui se disputaient des territoires. Les premiers firent de Cui Fujun le substitut du dieu du Pic du Sud, situé dans le territoire administré par les Song du Sud, afin de rendre des sacrifices complets aux cinq Monts sacrés, symbole de la souveraineté sur tout le territoire ; les deuxièmes vénéraient Cui Fujun comme dieu protecteur de la famille impériale puisqu'il était censé avoir fait des miracles aux deux premiers empereurs. Ensuite, notre regard porte sur divers aspects des sociétés locales entre les XIIIe et XVe siècles. Considéré comme un fonctionnaire modèle, représentant de la justice et protecteur du peuple et défenseur du territoire, Cui Fujun fut vénéré au nord, dans les lieux d'origine de son culte, les divers milieux sociaux organisaient la vie collective et assuraient l'ordre social autour des activités cultuelles ; et au sud, sur les lieux d'extension du culte qui a suivit un processus d'intégration et d'adaptation à des situations variées.


  • Résumé

    Based on an extensive survey of stone inscriptions, this work analyzes the social and political history of China from 10th to 15th century through the cult of a single deity, Cui Fujun. Appearing around 9th century in North China, it is dedicated to a deity who was said to be a local magistrate as well as a judge in the underworld. Over time, this deity extended to to North and South China. It was adopted by several imperial governments founded by the different ethnic groups, which each promoted it for various political reasons. This imperial support contributed to its popularity in local society. This study analyzes the Cui Fujun cult on two levels: dynastic politics and local society. First, it looks at the roles that the worship of Cui Fujun played in imperial politics in the Northern and Southern Song (960-1279), and then between two rival dynasties, the Southern Song (1127-1279) and the Jin (1115-1234). The emperors of the Song promoted the deity in hoping that his mythical power of underworld judge could help them solve their succession crisis. During the period of the Jin and the Southern Song, the first made Cui Fujun a substitute for the deity of South Sacred Mountain, located in Southern Song territory to claim their legitimacy and rulership; while the second worshipped the same deity as a protector of the imperial family because he was said to have done miracles for the benefit of the first two emperors, which enforced their legitimacy. Secondly, we examine various social issues between the 13th and 15th centuries relating to the worship practice. Considered as a model official, a defender of justice and a territory protector Cui Fujun was worshipped in the North as well as in the South. In the North, essentially in his two places of origin, persons as officials, local gentlemen, villagers, dealt with templi construction, donation, and prayer in order to ensure social order and value transmission. In the South, at the places where the worship extended, we examine its integration process and it adaptation to various local situations, even among "minority" peoples.

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  • Détails : 2 vol. (415, 169 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.385-415. Notes bibliogr.

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  • Cote : TPE 2015-43

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