Peinture et politique durant le fascisme italien (1922-1943) : « italianités » en conflit

par Lucia Piccioni

Thèse de doctorat en Histoire (option : Histoire de l’art)

Sous la direction de Eric Michaud et de Mario Pezzella.


  • Résumé

    L'un des principaux objectifs de cette thèse est de remettre en question le pluralisme esthétique qui caractérise la situation des arts figuratifs pendant le régime fasciste italien (1922-1943) comme garant d'une autonomie de l'art. Plutôt que de réduire les œuvres et les artistes à de simples rouages de l'appareil de propagande, cette étude veut démontrer que la peinture en particulier, façonne et parfois anticipe même l'idéologie fasciste. La notion d'« italianité » ainsi que ses déclinaisons en « latinité », « romanité » etc. Se sont dégagées comme des notions opératoires du fait de leur récurrence dans les sources textuelles artistiques et politiques. Étudiés à la lumière des études post-coloniales, ces essentialismes permettent de reconstituer l'« horizon d'attente » des représentations analysées. Or, qu'il s'agisse des figures humaines du groupe Novecento érigées par Margherita Sarfatti en emblème d'un néo-classicisme de tradition romaine, du caractère synthétique des aéropaysages futuristes qui font l'apologie de l'Italie guerrière, ou encore des nus de l'École de Rome exaltés comme des archétypes italiques, on s'aperçoit que l’« italianité » sert systématiquement à légitimer une « civilisation » renouvelée par le fascisme, autoritaire, anticosmopolite et antidémocratique. Ces recherches ont finalement pour ambition d'étudier l'« italianité » comme le fondement idéologique d'une radicalisation du discours, et d'observer comment l'art contribue au fil du temps à légitimer la suprématie de la « race » italienne sur le plan spirituel autant que biologique.

  • Titre traduit

    Painting and Politics during the Italian Fascism : 'Italianities' in Conflict (1922-1943)


  • Résumé

    One of the main purposes of this thesis is to challenge the aesthetic pluralism characterising the situation of figurative arts during the Italian fascist regime (1922-1943) as a warranty of art autonomy. Rather than reducing the artworks and the artists to simple cogs of the propaganda machine, this study wishes to demonstrate that painting in particular, shapes and even anticipates the fascist ideology. The concept of "italianity" and its variants such as "latinity", "romanity" etc. Has emerged as operative notions because of their recurrence in political and artistic textual sources. Those essentialisms carefully observed in the light of post-colonial studies, allow to rebuild the "horizon of expectations" of chosen representations. Therefore, from the human figures of Novecento described by Margherita Sarfatti as the emblem of a neo-classicism of Roman tradition, to the synthetic dimension typical of the aerial futurist landscapes celebrating an Italy ready for war, or even the naked figures of the School of Rome exalting italic archetypes, "italianity" is systematically used to legitimate a "civilization" regenerated by fascism, authoritarian, anticosmopolitan and antidemocratic. This research attempts to study "italianity" as the ideological foundation of a radicalization and to observe how art contributes over time to legitimate the supremacy of Italian "race" in both spiritual and biological terms.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (428 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.389-428. Notes bibliogr. Index

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  • Bibliothèque : Fondation Maison des sciences de l'homme. Bibliothèque.
  • PEB soumis à condition
  • Bibliothèque : École des hautes études en sciences sociales. Thèses.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TPE 2015-17
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