Politiques et modes d'appropriation de l'Internet en Chine : instrumentalisation de l'information et de la communication par le Parti au pouvoir (1994-2013)

par Aurélie Bayen

Thèse de doctorat en Histoire politique

Sous la direction de Michel Bonnin.


  • Résumé

    Les NTIC ont induit de nouveaux rapports entre le pouvoir et la société chinoise. Ils ont obligé l'Etat-parti à évoluer afin d'éviter que le réseau ne se pose en un véritable outil fédérateur de l'opposition. Ce défi posé, le PCC a fait progressivement de cette menace technologique un atout décisif dans sa pérennisation au pouvoir. En proposant une nouvelle gouvernance, où la participation des citoyens à la vie politique devient un gage de stabilité sociale, le Parti est parvenu à séduire un grand nombre de groupes sociaux présents sur la toile. Cette propagande 2. 0 s'inscrit notamment sous la forme de l'ideotainment décrit par Lagerkvist, où le contrôle de la narration évolue sur un mode plus informatif et ludique. Parallèlement, la domination étatique se trouve sans cesse renforcée par la mise en place de moyens de contrôle techniques et humains colossaux, destinés à effacer toute trace de contestation de l'agora numérique et de sa mémoire collective. Le deuxième volet de l'étude analyse les réactions des internautes dans cet espace public en ligne, où la rhétorique de leurs discours se trouve instrumentalisée en tant qu'enjeu de pouvoir vis-à-vis des dirigeants. L'analyse de la communication en ligne du Parti est la dernière piste qui s'appuie sur les théories de Lefort, au sujet de la politique d'adhésion du Peuple-un contre l'Autre. C'est par cette mue post-totalitaire, constituée au travers d'une politique de communication pragmatique et hégémoniste selon la définition gramscienne, que les élites du Parti ont maintenu leur pouvoir et ont réussi, selon la formule de Lampedusa, a tout changer pour que rien ne change.

  • Titre traduit

    Politics and appropriation modes of the Internet in China : information and communication exploitation by the ruling Party (1994-2013)


  • Résumé

    Information and communication technologies on the Internet induced a new relationship between power and society in China. They imposed the Party-State to evolve in order to prevent the network to become a real tool, able to federate the opposition. This challenge urges the Chinese Communist Party to change this technological threat into a crucial asset, to keep the country in its power. By proposing a new governance, where citizens are invited to participate in political life online, the Party got through to seduce a great number of social groups existing on the web. This 2. 0 propaganda falls within the scope of the ideotainment described by Lagerkvist, where narration control evolves on more ludic and informative modes. In the same way, state domination is continuously reinforced by colossal means of technical and human control, intended to delete any trace of contestation from digital agora and its collective memory. The second point of this study analyses internet users' reactions in the cyber public space, where appropriation modes and rhetoric are instrumented as stakes in Power towards the leaders. The political regime characterized by its online communication is based on Claude Lefort's theory, concerning adhesion politic with the Party-One against the Other. This post-totalitarian sloughing, made through a pragmatically and hegemonic communication policy according to Gramsci's definition, lets the Party's elite stay in power and have succeeded to, as Lampedusa says, make everything change to make nothing change. Annexes supply numerous practical and illustrated informations on the history and the functioning of the Internet in China.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 1 vol. (472 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.353-394. Notes bibliogr. Index

Où se trouve cette thèse\u00a0?

  • Bibliothèque : Fondation Maison des sciences de l'homme. Bibliothèque.
  • PEB soumis à condition
  • Bibliothèque : École des hautes études en sciences sociales. Thèses.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TPE 2015-9

Cette version existe également sous forme de microfiche :

  • Bibliothèque : Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne (Paris).
  • Non disponible pour le PEB
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.