La crucifixion dans les peintures murales carolingiennes dans l'Europe latine chrétienne et sur ses marges (IXè - début du XIème siècle)

par Julie Mercieca

Thèse de doctorat en Histoire de l'art

Sous la direction de Daniel Russo.

Le jury était composé de Daniel Russo, Eliana Magnani Soares-Christen.

Les rapporteurs étaient Jean-Pierre Caillet, François Bougard.


  • Résumé

    Cette thèse porte sur l’iconographie de la Crucifixion dans les peintures murales carolingiennes entre le IXe et le début du XIe siècle. Pivot dans la pensée chrétienne par sa portée dogmatique, la Crucifixion reste cependant peu représentée dans l’Occident latin jusqu’au milieu du VIIIe siècle. La période carolingienne marque, de fait, un tournant décisif où la Crucifixion s’affiche progressivement sur tous les supports et à travers des techniques différentes, en même temps que l’iconographie tend à se cristalliser. Nous appuyant sur une documentation comptant treize décors peints entre le IXe et le début XIe siècle et répartis dans les anciennes limites de l’Empire carolingien et ses marges, notre étude vise à analyser ce thème dans l’art monumental, peu étudié jusqu’alors. Outre la persistance de formes au-delà de la chute de l’Empire et des frontières politiques, les peintures recensées mettent en évidence le recours à une construction visuelle tributaire de traditions diverses – en premier lieu textuelles – permettant d’exalter la divinité du Christ sur la croix, mais aussi d’insister davantage sur son humanité souffrante. Ces choix iconographiques font écho à l’orientation théologique qui se manifeste sous le règne de Charlemagne et de ses successeurs et au sein de laquelle la Croix et le Crucifié occupent une place majeure. Mais, bien plus que de réserver notre analyse au cadre de l’image, il s’agit également de dépasser le champ figuratif pour prendre en compte l’environnement spatial et cultuel de la Crucifixion, et ce, afin d’envisager les lectures de ce décor dans l’espace qui lui est imparti. En étant peinte sur la paroi de l’édifice religieux, la peinture fait partie non seulement du décorum de l’édifice cultuel, mais participe parfois également aux rites qu’elle encadre. Ainsi, à la lumière des sources exégétiques et liturgiques, il convient de replacer le décor dans la scénographie dans laquelle elle s’inscrit. Souvent associée à un autel (majeur ou secondaire), voire à des fonts baptismaux, la Crucifixion s’inscrit bien souvent dans des temps rituels spécifiques ou des pratiques dévotionnelles qui témoignent d’une transformation du sentiment religieux à l’égard de la Passion et de ses représentations.

  • Titre traduit

    Crucifixion of Carolingian wall painting of Christian Latin Europe and its margins (9th-early 11th century)


  • Résumé

    This Dissertation focuses on the iconography of the Crucifixion in the Carolingian mural painting between the 9th and the beginning of the 11th century. Pivot in the Christian thought with its dogmatic scope, the Crucifixion remains however poorly represented in the Latin West until the middle of the 8th century. Actually, the Carolingian period is a decisive turning point when the Crucifixion displays gradually on all the supports and through different technics, at the same time as the iconography tends to be crystallized. Based on a documentation composed of thirteen decorations painted between the 9th and the beginning of the 11th century and distributed in the former limits of the Carolingian Empire and its margins, our study aims at analyzing this subject in the monumental art, poorly studied yet. Besides the obstinacy of forms beyond the fall of the Roman Empire and the political limits, the paintings listed highlight the appeal to a visual construction due to diverse traditions - first of all textual - allowing to exalt the Christ's divinity on the cross, but also to insist more on his suffering humanity. These iconographic choices comes from the theological shifting under the reign of Charlemagne and his successors. At this time, the Cross and the Crucified occupy a major place. However, this analysis exceeds the figurative meaning, in the way to consider the spatial and religious environment of the Crucifixion and clarify the readings of the decoration within its own space. Painted on the religious buildings’ walls, images are a part of the decorum. Moreover, based on exegetical and liturgical sources, we can argue that the paintings are sometimes used to the scenography of rites. Often associated with an altar (major or secondary), even in baptismal fonts, the Crucifixion seats in specific ritual times or devotional practices testifying of a transformation of the religious feeling towards the Passion and its representations.

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Informations

  • Sous le titre : La crucifixion dans les peintures murales carolingiennes dans l'Europe latine chrétienne et sur ses marges (IXè - début du XIème siècle)
  • Détails : 2 vol. (426, 204 p.)
  • Annexes : Bilbiographie p. 357-409
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