Un possible, impossible, la co-production des connaissances entre science et société : étude de recherches collaboratives entre chercheurs et acteurs dans le cadre du dispositif "Partenariat Institutions Citoyens pour la Recherche et l‘Innovation" (PICRI) en Ile de France

par Christine Audoux

Thèse de doctorat en Sociologie, démographie. Sociologie du travail

Sous la direction de Jean-Louis Laville.

Soutenue le 17-12-2015

à Paris, CNAM , dans le cadre de École doctorale Abbé Grégoire (Paris) , en partenariat avec Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (Paris) (laboratoire) .

Le président du jury était Olivier Giraud.

Le jury était composé de Jean-Louis Laville, Pierre-Benoît Joly, Rémi Barré.

Les rapporteurs étaient Marianne Cerf, Jean-Marc Fontan.


  • Résumé

    Un possible, impossible, la coproduction des connaissances entre science et société. La recherche est une activité sociale principalement déléguée aux chercheurs professionnels au sein des laboratoires académiques ou privés, dans une certaine mise à distance du reste de la société. A la faveur du « tournant participatif », des acteurs de la société civile sont invités aux côtés des chercheurs professionnels, par de nouveaux dispositifs de financement de la recherche, à contribuer à la production de connaissances nouvelles dans des domaines d’intérêt sociétal. Que se passe-t-il dans ces recherches collaboratives? Des connaissances scientifiques peuvent-elles y être co-construites ? Et de telles collaborations sont-elles en mesure de renouveler les modes de production de la connaissance déléguée aux chercheurs ? C’est au travers d’un regard qui postule la question de la traduction comme majeure dans l’émergence d’une possible co-construction entre acteurs et chercheurs qu’est conduite cette étude de dispositif de recherche collaborative. La traduction implique des plans multiples de l’interaction qui sont autant des manières de passer entre les registres de connaissances et les intérêts des uns et des autres que des interprétations qu’ils produisent pour leur donner du sens. Cette dimension centrale de la traduction entre des mondes scientifiques et associatifs est abordée dans une double perspective épistémologique. Une première approche issue de la sociologie de la traduction permet de saisir comment acteurs et chercheurs s’associent et relient leurs différentes identités et intérêts, ainsi que leurs savoirs et les différents objets de recherche pour réaliser des inscriptions scientifiques. Il en émerge des agencements collaboratifs dont les configurations plurielles témoignent de conditions de co-construction. Une seconde approche mobilise l’herméneutique de la traduction pour rendre compte des capacités d’interprétation et d’apprentissage qui peuvent émerger de ces collaborations de recherche. Elle place au cœur des interactions les capacités de délibération et de reconnaissance qui orientent les agencements collaboratifs vers une capacité collective de recherche.A l’issue de cette analyse, l’identification de conditions d’interaction favorisant la co-construction de connaissances entre acteurs de la société civile et chercheurs professionnels permet de réinterroger la possibilité d’inscrire, au côté des modes dominants de production scientifique, un mode de coproduction qui participe d’un renouvellement des rapports entre science et société.

  • Titre traduit

    A possible, impossible, the coproduction of the knowledge between science and society : study of collaboratives researches between researchers and civil society actors within research funding arrangement PICRI in Ile-de-France


  • Résumé

    A possible, impossible, the co-production of knowledge between science and society. Research is primarily a social activity delegated to professional researchers in academic and private laboratories, with a certain distancing from the rest of society. Taking advantage of the "participatory turn", actors in civil society are invited alongside professional researchers, with new research funding arrangements, to contribute to the production of new knowledge in areas of societal interest. What is happening in this collaborative research? Can scientific knowledge be co-constructed? And are such collaborations able to renew the modes of production of knowledge delegated to researchers?It is from this way of looking at things that the question is posited regarding translation as a major premise in the emergence of a possible joint construction between civil society actors and researchers who are driving this collaborative research plan. Translating involves multiple planes of interaction which are in as many ways, ways of passing between different people's different registers of knowledge and interests as they are interpretations which are produced to give these registers meaning. This central dimension of translation between scientific and associative worlds is addressed in a double epistemological perspective. A firstly sociological approach to translation captures how actors and researchers combine and link their different identities and interests and their knowledge and different research objects to achieve scientific inscriptions. Collaborative arrangements emerge from this with various configurations which demonstrate the conditions of co-construction. A second approach mobilizes the hermeneutics of translation to account for interpretation and learning abilities that can emerge from these research collaborations. It places deliberation and recognition capabilities at the heart of interactions, which guide collaborative arrangements towards a collective research capacity.Following this analysis, the identification of interaction conditions favouring the co-construction of knowledge between civil society actors and professional researchers can re-examine the possibility of including, alongside the dominant modes of scientific production, a way of co-producing which is part of a renewal of the relationship between science and society.


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