Participation et dialogue dans la gestion environnementale au Brésil : le cas du monument naturel des Monts du Pain de Sucre et d’Urca à Rio de Janeiro

par Guilherme Borges Da Costa

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Alexandre Dorna.


  • Résumé

    La Constitution fédérale de 1988 a établi la gestion participative au Brésil comme un moyen de décentraliser et de démocratiser l'accès à la gestion publique nationale. Depuis cette date, les espaces consultatifs et délibératifs pour la participation citoyenne ont augmenté, soutenus par des instruments juridiques au niveau municipal, étatique et fédéral. Dans le domaine de l’environnement sont notamment créés les conseils d’administrations des aires protégées qui sont des organismes participatifs pour la gestion d’un territoire. Ces aires correspondent, au total, à 17% de la surface du Brésil. Cependant, la structure souhaitée par la Constitution et par la législation environnementale n'a pas été accompagnée d´un changement institutionnel pour faciliter la participation ni de changements dans la culture politique nationale. La littérature sur l'évolution de l'État brésilien souligne l'influence de l'instabilité politique et économique historique, couplée avec un héritage autoritaire et une forte inégalité sociale, comme des obstacles à la mise en place d'une culture véritablement démocratique dans le pays. Ainsi, nous trouvons des citoyens démobilisés et frustrés par les affaires publiques, mettant l'accent sur les effets d'une crise politique qui touche la démocratie et qui éloigne les citoyens des espaces publics et du contact avec autrui. Nous avons alors, une situation particulière : parallèlement à l´institution de ces espaces de participation politique des citoyens au Brésil, qui pourrait entraîner de nouvelles pratiques politiques, des changements et aider au renouvellement du régime démocratique, il y a une frustration avec la politique et la démocratie qui écartent les sujets des affaires publiques. Cette thèse se situe dans ce scénario et vise à identifier et analyser, à partir d´un approche psychopolitique, les subjectivités inhérentes à la gestion des aires protégées au Brésil, en cherchant à comprendre les significations qu’en donnent les acteurs concernés par la participation à ce processus. Comment les conseillers d'une aire protégée signifient leur propre action dans cet espace ? Quelles relations font-ils avec la pratique démocratique ? Comprennent-ils leur action comme une action politique ? Nous avons également cherché à enquêter à partir d'une pratique communicative développée avec les membres du Conseil d'administration d'une aire protégée, sur le rôle du dialogue dans l'espace collégiale face aux défis de la gestion participative des aires protégées et de la potentialité du Conseil d´administration comme un dispositif de parole démocratique. Pour atteindre ces objectifs proposés, nous avons développé une recherche-action participative au Conseil d´Administration du Monument Naturel des Monts de Pain de Sucre et d´Urca à Rio de Janeiro. Après l´analyse des données, nous avons identifié que les participants attribuent de l'importance au processus collégial pour le renforcement de la démocratie, ils comprennent la participation au conseil comme une action politique, néanmoins, il y a un processus d'intériorisation des limites de la participation au niveau informationnel et une faible volonté de s'engager dans les processus de gestion collégiale. Sur le dialogue, nous avons identifié que les conseillers reconnaissent l'importance d'écouter l´autrui pour le processus, cependant la priorité est de construire un argument qui soit convaincant et non d'entreprendre une construction collective et coopérative d'une opinion / décision / action. Pour les conseillers qui ont participé à l´action de communication, le dialogue a pris une signification plus coopérative et collective, cependant nous avons identifié que certaines limites intériorisées de la participation n´ont pas été surmontées.

  • Titre traduit

    Participation and dialogue in the Brazilian environmental management : the case of the Natural Monument of Sugarloaf and Urca Mountains, in Rio de Janeiro


  • Résumé

    The Federal Constitution of 1988 has established the participatory management in Brazil as a way to decentralize and democratize the access to national public management. Since then, the spaces for citizen participation have increased, supported by legal instruments at the municipal, state and federal sphere. In the field of environment, among other actions, councils of protected areas, which are participatory bodies for the management of a territory that, in total, corresponding to 17% of the area of Brazil, have been created. However, the structure desired on the Constitution and the environmental legislation has not been followed by an institutional change to promote engagement or even changes in the national political culture. The literature on the evolution of the Brazilian State emphasizes the influence of the historical political and economic instability, coupled by an authoritarian legacy and strong social inequality, as obstacles to the establishment of a truly democratic culture in the country. Thus, we find demobilized citizens, frustrated by public affairs, which potentializes the effects of a political crisis in democracy and alienates citizens from the public spaces and the contact with each other. We have, then, a specific situation: while there is the institutionalization of these political spaces for participation of citizens in Brazil, which could lead to new political practices and changes, and assist in the renewal of the democracy in the country, there is a frustration with politics and with the democracy that move the citizens away from public affairs. This thesis is situated within this scenario and aims to identify and analyze, from a political psychological approach, the subjectivity inherent in the management of protected areas in Brazil, seeking to understand the meanings given to them by stakeholders participation in this process. How do advisors in protected area attribute means to their own action in those spaces? How do they relate to the democratic practice? Do they make sense of their work as a political action? We also sought to investigate, from a communicative practice developed with members of the council of a protected area, the role of the dialogue in the collegiate space facing the challenges of participatory management of protected areas and if the council could be taken as a democratic voice device. To achieve these proposed objectives, we have developed a participatory action research in the Council of the Natural Monument of Sugarloaf and Urca Mountains, in Rio de Janeiro, Brazil. After data analysis, we have identified that people do consider the importance of the collegial process for the strengthening of democracy, they understand the participation in the Council as a political action, however, there is a process of internalization on the limits of the participation in the informational level and low willingness to engage in collegial management process. For what concerns the dialogue, we have identified that councilors recognize the importance of listening what the others have to say in the process, however, the priority is based on building an argument that is convincing and not undertaking a cooperative and collective construction of an opinion / decision / action. Whereas for those who took part in the communication action, dialogue has been taken on a different meaning, more cooperative and collective, but we have identified that some internalized limits of participation have not been overcome.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (285 f.)
  • Annexes : Bibliogr. 241 ref.

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  • Bibliothèque : Université de Caen Normandie. Bibliothèque Pierre Sineux (Droit-Lettres).
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : THESE CAEN L 2015 BORGES DA COSTA B
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