La thèse de la domination occidentale face à l'épreuve de la réflexivité : "nous" et les chercheurs indiens et brésiliens en Relations internationales

par Audrey Alejandro

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Daniel Compagnon.

Le président du jury était Pascal Ragouet.

Le jury était composé de Nicolas Adell-Gombert.

Les rapporteurs étaient Frédéric Ramel, Xavier Guillaume.


  • Résumé

    Cette recherche interroge le problème auquel se trouvent confrontés les chercheurs qui, en Relations Internationales, dénoncent la domination « occidentale » au sein de cette discipline. Afin de promouvoir le dialogue et la diversité à l’échelle globale, ils défendent l’intérêt d’une démarche réflexive contre les pratiques de fermeture et de hiérarchisation exercées, selon eux, par les chercheurs « mainstream » « positivistes ». Vingt ans après les débuts du programme réflexiviste cependant, l’émergence d’une autocritique sème le doute sur les capacités de ce projet à produire une alternative aux pratiques académiques qu’il dénonce: les chercheurs réflexivistes en Relations Internationales reproduisent-ils la « domination occidentale » qu’ils révoquent ?Pour mener à bien cette recherche, nous avons analysé la publication internationale en Relations Internationales comme une situation d’énonciation à laquelle nous participons en tant que chercheuse réflexiviste. Une enquête socio-historique, menée sur l’internationalisation des chercheurs en RI en Inde et au Brésil, ainsi que l’analyse de différents corpus composés des discours des agents sur lesquels portent notre enquête (les chercheurs « réflexivistes », les chercheurs « mainstream », et les chercheurs indiens et brésiliens), représentent nos sources principales.Conformément aux soupçons formulés par l’autocritique, notre travail met en avant l’eurocentrisme de la thèse de la domination occidentale. Il révèle en outre la naturalisation particulière des rapports sociaux produits par le réflexivisme du fait de son ambition émancipatrice. Cependant, contrairement à cette critique de la critique, nous percevons comme un point positif la prise en compte, par les réflexivistes, de leur participation aux processus de hiérarchisation académique. En effet, notre expérimentation montre que l’acceptation de notre participation aux rapports sociaux que nous étudions a représenté la condition nécessaire pour transformer nos propres rapports sociaux, dans le sens de la diversité et du dialogue académique que nous recherchons.

  • Titre traduit

    The Thesis of Western Domination Put to the Test of Reflexivity : "Us" and Scholars of International Relations in India and Brazil


  • Résumé

    This research focuses on the problems faced by International Relations scholars who denounce the « Western »-domination of their discipline. In order to promote academic dialogue and diversity, they defend the use of reflexivity against the parochial and discriminative practices allegedly conducted by those they designate as the « mainstream » « positivist » literature. Twenty years after the beginning of the movement, self-criticisms have emerged among the reflexivists. This self-critical appraisal suspects reflexivism of not being able to produce an alternative to the academic practices it denounces; are reflexivist scholars merely reproducing the « Western-domination » they denounce?In order to complete this research, I have analysed International Relations international publication processes as a situation of utterance in which I participate as a reflexivist researcher. A socio-historical investigation on the internationalisation of International Relations in Brazil and India, as well as a textual analysis composed of the discourses of the different academic groups under investigation (the reflexivists, the « mainstream », and the Indian and Brazilian International Relations scholars) represent my main sources of analysis. In accordance with the self-criticism suspicions, my research puts forward the eurocentrism of the « Western-domination thesis ». It also highlights how the fact that reflexivism poses as « critical » generates a specific status quo. However, contrary to this critique of the critique, I consider that, by taking into further account their participation in academic discriminative processes, reflexivists are engaging an encouraging dynamic for reflexivism in International Relations. Indeed the experimentation I conducted through this PhD shows that the acceptance of our participation in the social dynamics we study represents a necessary step toward transforming our social relations in favour of more academic dialogue and diversity.


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