Les représentations sociales de la densité dans l'habitat : vers une faubourisation métropolitaine : "Fabrication, appropriation, territorialisation"

par Manon Viviere

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Guy Tapie.

Le président du jury était Marie-Christine Jaillet.

Le jury était composé de Thierry Oblet, Francis Pougnet.

Les rapporteurs étaient Éric Charmes, Cyria Emelianoff.


  • Résumé

    La densité se retrouve au cœur des préoccupations des acteurs de la ville. Outil technique mesurant la concentration de logements ou de populations sur un espace, elle se voit aujourd’hui le réceptacle symbolique d’un urbanisme plus durable. Du côté des habitants, associée dans les imaginaires collectifs aux quartiers en difficultés, souvent excentrés, et aux grands ensembles, la densité n’a pas bonne presse. Elle semble responsable d’un blocage cognitif quant à son appropriation sociale, faisant largement figure de rejet. La densité produit ainsi des perceptions architecturales, urbaines et sociales renvoyant à des systèmes symboliques qui lui sont propres.La densité peut être alors interrogée sociologiquement comme un ensemble de représentations sociales qui permet la matérialisation de projets d’habitat, qui guide l’action publique et les politiques urbaines, et qui influence les stratégies résidentielles des habitants. Souvent décrite comme la cristallisation d’une incompréhension entre des acteurs-concepteurs et des habitants-récepteurs d’un habitat plus durable et dorénavant plus dense, la thèse développe une réflexion plus transversale sur la densité, carrefour de l’architecture, de l’urbanisme et de la sociologie urbaine. Comment les acteurs de la fabrication de la ville s’approprient-ils les valeurs renouvelées de la densité dans une actualité où la recherche de nouveaux modèles urbains pour la métropolisation est centrale ? Comment les habitants s’approprient-ils les mutations urbaines et architecturales de l’offre résidentielle des métropoles, aux regards de leurs aspirations résidentielles, mais aussi de leurs lectures sociales des espaces et des formes ?La densité est aussi une dynamique de production de la ville. La densification génère des processus de recompositions sociales et urbaines qui révèlent l’originalité de l’évolution des territoires de faubourgs métropolitains, phénomène sociologique et urbain hybride, ni périurbanisation, ni gentrification ni relégation dans leurs définitions strictes. Les enjeux de gouvernance métropolitaine, les stratégies résidentielles et les formes d’appropriation de la densification par les habitants s’y écrivent de manière singulière, révélant un phénomène qu’il est possible d’appeler la faubourisation.

  • Titre traduit

    Social representations in housing : into a inner-suburbanisation : “Manufacturing, appropriation, territorialisation”


  • Résumé

    The density finds itself in the very heart of the concerns of city-actors. It is a technical tool measuring the concentration of housing or populations in a given space. Today, the density sees itself as the symbolic receptacle of a more long-lasting town planning. The density has no good press with the inhabitants, being associated in the collective imagination with deprived neighbourhoods and large housing complexes, which are often off-centered. Density seems indeed responsible for a mental blocking because of its social appropriation, widely looking like rejection. The density seems to produce architectural, urban and social perceptions reminding us of symbolic systems of their own.The density can then be sociologically questioned as a set of social representations which allows the realisation of housing projects. It guides public actions and urban policies and influences the residential choices of the inhabitants. Often described as the crystallization of incomprehension between designers-experts and inhabitants-receivers of a more sustainable housing project-and from now on denser- the thesis develops a more transversal thinking on the density : the crossroads of the architecture as well as town planning and urban sociology. How can the « city-makers » adapt to the values renewed by the density in a time when the search for new urban models for the metropolisation is central? How can the inhabitants adapt to the urban and architectural mutations of the metropolises in view of their residential aspirations but also of their social interpretations of spaces and forms?The density is also a dynamics of the city's production. The densification generates processes of social and urban reorganizations. The latter reveal the originality of the evolution of the territories in metropolitan inner suburbs, sociological and urban phenomenon crosses. This is neither périurbanisation, nor gentrification nor banishment in their strict definitions. The metropolitan governance challenges, the residential strategies and the forms of appropriation of the densification by the inhabitants are reflected in a singular way, revealing a phenomenon which it is possible to call the « inner suburbanisation ».


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