« Carte blanche » et « lignes jaunes » : les humoristes d’actualité en travailleurs de la critique

par Marilyne Rudelle

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Éric Macé.

Le président du jury était Olivier Cousin.

Le jury était composé de Pierre Leroux.

Les rapporteurs étaient Loïc Blondiaux, Dominique Pasquier.


  • Résumé

    Cette thèse étudie comment la critique humoristique de l'actualité dans les médiasaudiovisuels de masse français est devenue un genre médiatique à part entière. Le travail« sérieux », « invisible », aux finalités « visibles », parfois surexposées, des « humoristesd'actualité », s'inspirant de la tradition des bouffons d'antan, revisite quotidiennement lesmises en récit journalistiques en les décalant, par « déboîtement ». Le croisement de troisspécialités sociologiques (des médias, du travail et de la critique), le recours à des entretienssemi-directifs (n=43) et à des corpus médiatiques conséquents (presse écrite et séquencesaudiovisuelles) permettent de décrire des trajectoires, des statuts, des savoirs-faire et des rôlesconstitutifs d'une expérience artistique et professionnelle. En interaction avec leurs deuxprincipales sources d'inspiration (professionnels de la politique et journalistes), les humoristesd'actualité produisent une critique réflexive, contestataire ou dénonciatrice. Cette critiquespécifique, méthode de dévoilement aux règles implicites et explicites, constitue une « carteblanche » pour aller le plus loin possible, malgré les risques (pressions, licenciements, procès,etc.), les polémiques régulières, les tentatives de construction de « lignes jaunes »(philosophique, politique, journalistique), et les controverses à la visibilité parfois maximale(affaire Strauss-Kahn), qui pèsent plus ou moins sur la définition des normes du travail(censure, autocensure, etc.). L'imagination créatrice des humoristes d'actualité participepleinement du processus de « publicisation critique » de la démocratie, et teste son idéal deliberté d'expression.

  • Titre traduit

    « Carte blanche » and « yellow lines » : humorists of news in critical workers


  • Résumé

    This thesis explores how the news humorous critic in the French audiovisual mass media hasbecome a media genre in its own right. The "serious", "invisible" work, made for "visible"ends, sometimes overexposed, of these "news humorists" who are inspired by the tradition ofjesters of old, regularly revisits journalistic narratives, and shifting them by "pulling-out"(déboîtement). The crossing of three sociological literatures (media, work and criticism),semi-structured interviews (n = 43) and a substantial media corpus (print media andaudiovisual sequences) allows us to describe the trajectories, statutes, know-how andconstituent roles of an artistic and professional experience. Interacting with their two mainsources of inspiration (elected officials and journalists), news humorists are producing a criticthat can be reflexive, protestive or reprobative. This specific critic, unveiling method, withimplicit and explicit rules, constitutes a "carte blanche" to go as far as possible, despite therisks (pressures, layoffs, lawsuits, etc.), regular polemics, attempts to set "yellow lines"(philosophical, political, journalistic), and controversies with high visibility (the Strauss-Kahncase), all of this weighing more or less on the definition of work standards (censorship, selfcensorship,etc.). The creative imagination of news humorists then fully participates in theprocess of "critical publicisation" of democracy, and tests its ideal of freedom of expression.


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