"Ces étudiants étrangers qui restent ou qui veulent rester" : résonance de discours en circulation sur l'immigration dans les récits d'étrangers diplômés en Suisse, candidats à "l'établissement"

par Alessandra Keller-Gerber

Thèse de doctorat en Sciences du langage

Sous la direction de Marion Perrefort et de Aline Gohard-Radenkovic.

Soutenue le 12-11-2015

à Besançon en cotutelle avec l'Université de Fribourg (Suisse) , dans le cadre de Ecole doctorale Langages, Espaces, Temps, Sociétés (Besançon ; 1991-2016) , en partenariat avec Edition, Langages, Littératures, Informatique, Arts, Didactiques, Discours (ELLIADD) (Besançon) (laboratoire) et de Edition, Littératures, Langages, Informatique, Arts, Didactique, Discours [Besançon] (laboratoire) .


  • Résumé

    De par ses réseaux catholiques et son bilinguisme français / allemand, l'université de Fribourg a été la plus internationale de Suisse. A partir des années 60, la Confédération helvétique avait ouvert à Fribourg une école préparant aux études universitaires, visant un public international dont le diplôme du secondaire n'était pas reconnu (les CIUS). En 2011, la fermeture de cette école fut symptomatique d'un changement de profil de l'étudiant étranger en Suisse: l'étudiant en provenance de pays exotiques et lointains – inscrit en bachelor pour un cursus de longue durée, venu en qualité de free mover ou soutenu financièrement par une bourse de coopération – laissa progressivement sa place à un autre type d'étudiant, occidental, venu par le biais de programmes d'échange tels qu'Erasmus. Ayant travaillé précédemment sur la figure de l'étudiant de mobilité courte dans diverses études basées sur des récits de vie, nous nous sommes posée la question suivante : la manière de se dire d'un ex-étudiant de mobilité, ayant décidé de poursuivre ses études en Suisse, puis d'y rester en tant que diplômé hautement qualifié, varie-t-elle par rapport au discours sur soi d'un étudiant de type Erasmus ? Ce travail s'encre dans le champ de la didactique des langues et des cultures étrangères. Il s'agit d'une recherche qualitative, menée dans une perspective anthropologique. Nos outils d'analyse s'inspirent d'autres disciplines, telles que la sémiotique ou la narratologie. Notre cadre théorique porte sur l'étudiant de mobilité et le migrant hautement qualifié, deux figures sociologiques limites par lesquelles les personnes que nous avons interrogées sont passées, ou vont passer. Ce cadre s'est centré, en outre, sur les rapports entre récit et fabrication de l'identité dans des contextes de mobilité. Nous considérons, sur le plan méthodologique, le récit de vie comme le produit d'une situation d'énonciation spécifique : celle d'organiser des souvenirs – des soi passé(s) – en fonction d'une formulation de soi au présent, qui se construit en réponse à une commande. Cet autoportrait peint à deux mains fera appel à des voix de tiers absents s'étant – dans le passé – exprimés sur ce soi remis en scène pour l'entretien. Le premier volet d'analyse vise l'établissement d'un paysage discursif autour de la question des étudiants étrangers / travailleurs étrangers hautement qualifiés en Suisse – via l'étude d'un corpus de presse. Le second volet s'attelle au corpus des récits de vie dans le but d'appréhender, puis de typifier, les stratégies de mise en scène de soi (et de l'autre) de chacun des narrateurs. Le volet conclusif reprend transversalement ce corpus principal dans le but de voir apparaître – dans ce contexte – des typologies de narrateurs : ces diplômés, candidats à l'établissement, reprennent-ils dans l'autoportrait qu'ils nous livrent les discours produits sur leur compte dans les médias ? La nature performative du dispositif de recherche est questionnée, enfin, pour comprendre si le récit « d'établissement » via les études peut être considéré comme un récit de mobilité spécifique.

  • Titre traduit

    "The foreign students that stay, or who attempt to stay" : how immigration debates influence the life stories of highly qualified foreign workers desiring to prolong their stay abroad in the country of their academic studies


  • Résumé

    Given its Catholic network and French-German bilingualism, the University of Fribourg has long been among the most international in Switzerland. Beginning in the 1960's, the Helvetic Confederation opened a preparatory school for university study, envisioning an international student body for which a secondary, or high school, diploma would not be recognized abroad (CIUS). In 2011, the closure of this school was symptomatic of a change in the profile of the foreign student in Switzerland: the student, having typically arrived from countries considered both exotic and distant – enrolled in a bachelor degree for long term study in the role of a free mover without the assistance of financial aid scholarships– gradually bequeathed this position to a new kind of student, a western student, who arrived as part of exchange programs like Erasmus. Having previously examined the role of the short-term transitory student in various studies based on real-life accounts, in this dissertation I examine the following question: How does the role of the ex-transitory student, who has decided to pursue his academic studies in Switzerland and to afterward remain there as a highly qualified graduate, differ in relation to the manner in which we can discuss the position of an Erasmus student? This study is grounded in the field of foreign language education. It is a qualitative study guided by an anthropological perspective, though my research methods additionally draw from other similar disciplines such as semiotics and narratology. My theoretical frame focuses on the transitory student in addition to highly qualified migrants, two limited sociological roles that my interviewees have already or will soon experience. Moreover, this frame will concentrate on the relationship between the account and the fabrication of identity in the context of mobility. Methodologically speaking, in this study, I consider the real-life account of experience as the product of a particular kind of vocalization: that of organizing recollections – of the former self or selves – according to an image of the self in the present, that constructs itself in response to the questions advanced in the interview. This self-portrait, crafted the participants, will recall the eclipsed voice of the absent third-party participant, discussed and recreated within the discussion. The first component of analysis examines the establishment of a discursive landscape addressing the question of foreign students, or those that are highly qualified and employed in Switzerland, through the study of a body of journalistic articles. The second step is closely tied to the corpus of real-life accounts and has the objective of understanding the methods for representing the self (and the other) for each of the narrators. The final conclusive step will transversally address this corpus in order to observe – in context – the typologies of narrators: what are the echoes, if any, between the representation of the foreign student, or graduate, within the media as well as within real-life accounts? Finally, the performative nature of the research plan is questioned, in order to understand if the account of “installation” via academic studies can be taken into consideration as a specific account of mobility.


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  • Détails : 1 vol. (463 p.)
  • Annexes : Bibliographie p. 311-326. Index

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  • Cote : LET.BESA.2015.028
  • Bibliothèque : Université Paul-Valéry. Bibliothèque du laboratoire DIPRALANG.
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  • Cote : T KEL
  • Bibliothèque : Bibliothèque universitaire électronique, Besançon.
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