Les processus de reconfigurations dans l'art caribéen : Guadeloupe, Haïti, Jamaïque

par José Lewest

Thèse de doctorat en Arts plastiques

Sous la direction de Dominique Berthet.

Le jury était composé de Dominique Berthet, Gisèle Grammare, Dominique Chateau.


  • Résumé

    La nature et la rythmique des évolutions des pratiques artistiques en Guadeloupe, Jamaïque et Haïti, pays caribéens aux mêmes bases historico-culturelles, dès le XVIIIe siècle, démontrent une singularité dynamique portée par le concept de reconfiguration. Du règne de l’académisme européen aux balbutiements de l’imitation des autochtones caribéens descendants d’esclaves et exclus de l’art érigé en privilège de castes, jusqu’à la rupture épistémologique opérée à partir des années vingt, sous l’influence des mouvements nationalistes, anticoloniaux développés dans la Caraïbe et renforcés à l’extérieur par les capitales occidentales, New York, Paris, Madrid. Les principes idéologiques progressistes incarnés et réinvesties par Price Mars, Alain Leroy Locke, Marcus Garvey, Aimé Césaire renversent les valeurs académiques et déclenchent l’irruption de la subalternité dans l’art caribéen. Ces procédures de reconfigurations s’illustrent dans les continuelles ruptures au XXe siècle jusqu’à aujourd’hui et sont à l’origine des mouvements Indigénisme, Primitivisme, Intuitivisme développés avec le concours plus ou moins marqué d’étrangers. Ses multiples visages qui se dessinent à travers une succession de métamorphoses, d’adaptations et de reconfigurations à chaque fois renouvelées dans la variance des représentations et des contextes lui confèrent une dimension épique. A chaque étape de cette épopée, les artistes caribéens actualisent leurs pratiques traversées par un balancement lancinant entre l’ancrage que procure la réacquisition des références matricielles Africaines et Caribéennes et ouverture au monde. En dépit des écarts évidents entre les trois pays, des valeurs communes d’échanges démocratiques portées par les termes, Koudmen, Coumbite et Lyannaj sont retranscrites par tous, en engageant la réalité d’une géostratégie de l’art suggérée par les notions de multilatéralisme et de multipolarité. L’envers de cette stratégie de la convergence humaniste de l’art se fonde dramatiquement sur les disfonctionnements psychiques hérités de l’histoire qui trouvent leurs expressions dans les concepts de double conscience et de conscience marassa. Ces nouvelles modalités d’appréhension du monde sont les symboles de l’écartèlement entre des aspirations contradictoires et sont révélatrices d’une face contrariée de la reconfiguration de l’art. Ces procédures de transferts d’influences culturelles interpellent sur les limites qu’elles circonscrivent et incitent à l’interrogation sur la capacité de l’art caribéen à se projeter au-delà des gestes systématiques de retraitement, de recyclage et d’importation afin de générer une approche plastique intégrale, autonome, moins dépendante de la gestion d’influences et de modes ?

  • Titre traduit

    The process of reconfigurations in the art of the caribbean : Guadeloupe, Haïti, Jamaïca


  • Résumé

    The nature and rhythm of the evolution of artistic practices in Guadeloupe, Jamaica and Haiti, Caribbean countries with the same historical-cultural bases, as soon as the 18th century, show a dynamic singularity which is driven by the concept of reconfiguring. From the reign of the European academicism to the infancy of imitation of the Caribbean natives-descendants of slaves and excluded from art erected in caste privilege, up to the epistemological rupture operated from the 20s under the influence of the nationalist and anti-colonial movements which were developed in the Caribbean and which were strengthened on the outside by the Western capitals, New York, Paris, Madrid. Progressive ideological principles embodied and reinvested by Price Mars, Alain Locke, Marcus Garvey, Aimé Césaire, overturn academic values and trigger the emergence of the subalternity in Caribbean art. These reconfiguration procedures are illustrated in the continual breaks in the twentieth century until today and are the source of Nativism movements, Primitivism, Intuitivism, developed with the more or less marked help of foreigners. Its multiple faces that emerge through a series of metamorphoses, adaptations and reconfigurations, each time renewed in the variance of representations and contexts give it an epic dimension. At each stage of this epic, Caribbean artists update their practices crossed by a nagging swinging between the anchoring provided by the reacquisition of the African and Caribbean references and openness to the world. Despite the obvious differences between the three countries, common values of democratic exchanges carried by the words, Koudmen, Coumbite and Lyannaj are transcribed by all, by engaging the reality of a geostrategy of art suggested by the concepts of multilateralism and multipolarity. The other side of this strategy of humanistic convergence of art is dramatically based on the psychic dysfunctions inherited from history, which find their expressions in the concepts of double consciousness and Marasa Consciousness. These new methods of apprehension of the world are the symbols of the quartering between contradictory aspirations and are indicative of an upset face of the reconfiguration of art. These cultural influences transfer procedures challenge the limits they circumscribe and encourage the questioning on the ability of Caribbean art to project beyond the systematic actions of reprocessing, recycling and import, in order to generate an autonomous integral plastic approach, less dependent on the management of influences and modes.


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