Self-défense féminine dans le Caire en révolution : Techniques du genre et jeux de violence

par Perrine Lachenal

Thèse de doctorat en Anthropologie

Sous la direction de Laurence Hérault.

Le président du jury était Christine Mennesson.

Le jury était composé de Laurence Hérault, Christine Mennesson, Éric Fassin, Niko Besnier, Lucie Ryzova, Sébastien Darbon.

Les rapporteurs étaient Éric Fassin, Niko Besnier.


  • Résumé

    Depuis 2011, la révolution égyptienne et ses contrecoups ont suscité au Caire l’émergence d’un véritable marché de la sécurité. Cette thèse est le fruit d'une enquête ethnographique, menée en observation participante, relative à différentes pratiques de défense ayant émergé dans ce cadre. Les cours de self-défense (difā‘a ‘an al-nafs), dont le succès ne cesse de se confirmer dans les quartiers socialement favorisés de la ville du Caire, se trouvent au coeur de cette recherche. Ils y sont envisagés non seulement comme révélateurs, mais aussi comme producteurs d’une culture matérielle et motrice « révolutionnaire », où les bouleversements politiques du moment s’incarnent dans leur dimension émotionnelle, sexuée, sociale et morale. Ces cours réunissent des femmes – mais aussi parfois des hommes – venant faire l’acquisition de techniques de combat afin de se préparer à affronter une agression. La figure du « jeu », permettant d’englober dans l’analyse les différents niveaux de sens des expériences, constitue l’outil théorique avec lequel les interactions observées sont envisagées. La pratique étudiée permet d’appréhender à la fois les transformations des représentations et des pratiques liées à la violence, ainsi que les recompositions des rapports sociaux de classe et de sexe dans la société égyptienne contemporaine. En rendant apparentes la dimension technique du rapport au pouvoir des individus ainsi que les modalités – socialement et sexuellement situées – de production des catégories « légitime » et « illégitime » dans l’énonciation de la violence, la self-défense s’impose comme un objet d’étude privilégié pour participer à une anthropologie de la révolution égyptienne.

  • Titre traduit

    Self-defense for Women in Revolutionnary Cairo : Play, Violence and Technical Repertoires


  • Résumé

    This thesis is the result of an ethnographic study conducted between 2011 and 2012, primarily through participant observation, on certain defense practices that have emerged in recent years in Egypt and contributed to a "revolutionary" security market. Self-defense classes (difā‘a ‘an al-nafs), the popularity of which has continued to grow since 2011 in socially affluent districts of Cairo, are at the heart of this research. The dissertation conceives of self-defense trainings as not only revealing but also producing "revolutionary" physical and technical repertoires in which the emotional, gendered, social and moral dimensions of the period's political upheavals are embodied. Women – but sometimes also men – come to the self-defense classes to acquire combat skills such as throwing kicks and punches, learning to face aggressors using specific objects and bodily techniques. The notion of "play" is used as a theoretical tool for drawing together and analyzing the different levels of meaning of the paradoxical experiences observed in these classes. The ethnography allows for a better understanding of the evolution of urban sociability, the transformation of representations and uses of violence, and the reconfiguration of gender and class relations in contemporary Egyptian society. By making visible the technical dimension of how individuals deal with power and the socially and sexually situated modalities by which categories such as "legitimacy" and "illegitimacy" are produced with respect to violence, self-defense constitutes an valuable vantage point from which to contribute to an anthropology of the Egyptian revolution.


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  • Détails : 1 vol. (407 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 381-406

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