Le marronnage de l'exil : essai d'une esthétique négro-africaine contemporaine : des précurseurs francophones à Alain Mabanckou et Fatou Diome

par Khady Fall Diagne (Faye)

Thèse de doctorat en Langues et littératures. Langues et littérature française

Sous la direction de Stéphane Hirschi.

Soutenue le 12-09-2014

à Valenciennes , dans le cadre de École doctorale Sciences de l'homme et de la société (Villeneuve d'Ascq, Nord) , en partenariat avec Laboratoire de cultures, arts, littératures, histoire, imaginaires, sociétés, territoires, environnement (Valenciennes, Nord) (laboratoire) , Communauté d'universités et d'établissements Lille Nord de France (Communauté d'Universités et Etablissements (ComUE)) et de Cultures Arts Histoire Imaginaires Sociétés et Territoires Etrangers / CALHISTE (laboratoire) .

Le président du jury était Romuald Fonkoua.

Le jury était composé de Stéphane Hirschi, Papa Samba Diop.

Les rapporteurs étaient Romuald Fonkoua, Papa Samba Diop.


  • Résumé

    Notre sujet de réflexion consistait à penser à ce qui fait lien entre la littérature francophone d’Afrique noire et antillaise, en plus de l’histoire. Nous nous sommes penché sur les stratégies d’écriture déployées par les écrivains, pour se démarquer, pour signifier leur existence, Partant de la pratique du marronnage comme phénomène historique lié à l’esclavage, nous avons amorcé une réflexion sur sa transposition littéraire, à partir de la mythification de la figure du Marron, par des auteurs comme Dayot, Houat, et plus récemment Glissant et Chamoiseau, qui ont pu développer une esthétique de la survivance, valoriser l’ identité du Marron, héraut du peuple antillais dans la résistance à l’esclavage. L’essentiel de notre travail a porté sur l’élargissement de ce thème du marronnage aux périodes coloniale et postcoloniale, en posant comme postulat l’hypothèse de l’existence d’une forme de marronnage intellectuel comme fondement d’une esthétique négro-africaine, instauré par les précurseurs de la Négritude, Senghor et Césaire, dont le travail le plus original, mais souvent négligé, a été la conquête d’une langue de la négritude. Les écrivains contemporains francophones d’Afrique noire, à l’instar d’Alain Mabanckou et de Fatou Diome, dans un contexte inscrit dans une dynamique mondialiste et un espace littéraire conditionnés par les diktats d’une critique eurocentriste, ont pratiqué une forme de marronnage ( trans) esthétique, mais aussi par une surconscience linguistique redoublée, en développant des stratégies destinées à inscrire subversivement au cœur de la langue l’empreinte d’une déviance revendiquée, comme seul moyen de signifier son identité.


  • Résumé

    Our subject of reflection consisted in thinking of what makes link between the French-speaking literature of subsaharian Africa and the Antilles, in addition to the history. We dealt with the writing strategies deployed by the authors, to stand out, to reveal their existence. On the basis of the French word “marronnage”, taking its name from Spanish “Cimarron” used to qualify this historical phenomenon related to slavery, we started to think about its literary transposition. The literary mythologizing of the Maroon by authors such as Eugène Dayot, Louis-Timagène Houat, and more recently Glissant, has enabled to develop aesthetics of the survival, to value the identity of the Marron, herald of the Antillean people, in the resistance to slavery. The main part of our work was about the extension of this theme of the marronnage to the colonial and postcolonial periods, by setting as postulate the hypothesis of the existence of a form of intellectual marronnage as foundation of negro-African aesthetics, established by the forerunners of the Negritude, Senghor and Césaire, whose most original but often unknown work was the conquest of a language of the negritude. The French-speaking contemporary writers of subsaharian Africa, for instance Alain Mabanckou and Fatou Diome, in a context of an internationalist dynamics and a literary space conditioned by the diktats of an eurocentrist criticism, applied a form of ( trans ) esthetic marronnage, but also with a doubled “linguistic surconscience”, by developing strategies intended for subversively setting at the heart of the language the print of a claimed abnormality, as only means to make their identity known.



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