De la haine : entre le mythe et la tragédie, figures d’aujourd’hui

par Claudia Zapata Ramos (Zapata)

Thèse de doctorat en Psychopathologie

Sous la direction de Marie-Jean Sauret.

Le président du jury était Sidi Askofaré.

Le jury était composé de Marie-Jean Sauret, Alain Abelhauser, Mohammed Ham.

Les rapporteurs étaient Alain Abelhauser, Mohammed Ham.


  • Résumé

    Depuis la nuit des temps, le sujet se pose à lui-même la question de savoir ce qui il est. Chercher une parole pour la haine était une façon de mettre en évidence, au cœur de cette passion (la passion de la haine), l’être parlant, sa fatalité et sa révolte. Les hommes de la Grèce antique ont répondu par le mythe. Dans cette tentative de représenter la question des origines et de l’impossible, ils ont intégré la haine. La haine surgit comme un reste provenant de temps immémoriaux, elle est liée à la rencontre de l’humain avec le langage et, également, au mouvement qui l’éloigne de l’Autre, lieu du langage, pour prendre le risque de devenir sujet du désir. Il s’agit de repérer la haine et ses fonctions dans la subjectivité : cela implique de prendre en compte les façons adoptées par le sujet pour penser et traiter le réel auquel il a affaire. Le mythe et la tragédie, mettant en récit les pires violences (le matricide, l’inceste, le cannibalisme, l’infanticide, le parricide, le meurtre, le massacre), situent une haine qui peut, ainsi que les récits le présentent, se déchaîner si elle n’est pas traitée par le symbolique. Les crimes semblent ignorer l’écoulement des siècles, ils se répètent inlassablement, et la haine reste une compagne constante des positions du sujet face à son destin. Or, si le sujet maintient sa quête d’explication des pulsions destructrices qui l’occupent, et s’il tente toujours d’énoncer comment sa subjectivité se tient avec l’époque qui l’accueille, il ne peut pas faire appel au mythe, ni à un quelconque discours de portée universelle reconnaissant ses solutions singulières pour traiter sa propre altérité. Face à un discours qui cherche à « enterrer » le sujet de la parole, au fondement de la civilisation et du lien social, la littérature et l’art prennent le relais et proposent des représentations susceptibles « d’entourer » la passion haineuse, et de mobiliser le sujet du désir. La psychanalyse répond, de son côté, par la prise en considération des solutions singulières et de la responsabilité éthique, tant du clinicien que de l’analysant, dans leur maintien, leur restauration, leur changement.

  • Titre traduit

    Hate : between myth and tragedy, figures today


  • Résumé

    Since the dawn of time, the subject has wondered about what he is. Looking for a hate speech was a way to highlight the speaking being, his fate and his rebellion, in the center of this passion (the passion of hate). Men from Ancient Greece responded through myth. In their attempt to represent the question of the origins and of the impossible, they integrated hate. Hate arises like remnants from immemorial time; it is linked to human encounter with language and with movement separating it away from the Other, the place of language, in order to take the risk of becoming the subject of desire. Tracing hate and its functions in subjectivity: this implies to take into account the ways adopted by the subject to think and deal with real. Myth and tragedy, taking into account the worst human violence (matricide, incest, cannibalism, infanticide, parricide, murder, massacre), put into place a hate that can, as tales depict it, lash out if it is not treated by the symbolic. Crimes seem to ignore the flow of centuries and are repeated endlessly, and hate remains a constant companion of the positions of the subject facing his destiny. However, if the subject maintains his quest to explain the destructive impulses that occupy him, and if he always tries to state how his subjectivity is held together with the age in which he lives, he cannot appeal to myth, nor to any speech of universal scope acknowledging his own singular solutions to deal with his own alterity. Facing a discourse attempting to "bury" the subject of speech, at the foundation of civilization and of social ties, literature and art take over and offer performances which can "surround" the hateful passion, and mobilize the subject of desire. Psychoanalysis responds, in turn, by the consideration of singular solutions and ethical responsibility of the clinician and the analysand, in their maintenance, restoration and changes.


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