James Joyce, Raymond Roussel : modalités du lisible

par Mathieu Jung

Thèse de doctorat en Littérature générale et comparée

Sous la direction de Pascal Dethurens.

Soutenue le 19-12-2014

à Strasbourg , dans le cadre de École doctorale Humanités (Strasbourg) , en partenariat avec Configurations littéraires (Strasbourg) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Évelyne Grossman.

Le jury était composé de Yves-Michel Ergal.

Les rapporteurs étaient Évelyne Grossman, Tiphaine Samoyault.


  • Résumé

    Ce travail a pour pour but d’étudier les œuvres de Raymond Roussel (1877-1933) et de James Joyce (1882-1941). Il consiste à mettre ces auteurs en regard l’un de l’autre, en vue de l’éclairage réciproque de leurs textes, souvent qualifiés d’illisibles. Une pareille étude n’a pas encore été menée à ce jour, bien que le rapprochement de ces écrivains semble d’ores et déjà aller de soi : on range conjointement Joyce et Roussel auprès de Stéphane Mallarmé, quand on n’apparente pas leur usage du langage à celui du schizophrène Louis Wolfson. Il s’agit d’établir quelles sont les stratégies d’écriture propres à Joyce et à Roussel, de confronter l’opacité joycienne, combien problématique, à la difficile transparence – l’apparente clarté – dont témoigne l’œuvre de Roussel. L’étude comparative de Joyce et Roussel ne saurait faire l’économie d’une réflexion sur la place occupée par le commentaire au sein de l’œuvre. Cette opération revient à questionner l’autorité critique de Joyce et de Roussel. Ces auteurs produisent des textes autonomes, lesquels parlent essentiellement d’eux-mêmes. Tout en étant gros de leur projet, ils constituent leur propre objet. L’analogie avec la machine s’impose irrésistiblement. Ces manières de machines célibataires (Michel Carrouges) sont également des œuvres ouvertes (Umberto Eco). L’imaginaire des machines relie Joyce et Roussel tout en les intégrant à un espace plus vaste comprenant aussi bien Jules Verne que Marcel Duchamp. Les machines permettent d’envisager l’écriture de Joyce et de Roussel en termes de surface et de profondeur, mais elles mettent également en lumière les paradoxes du manifeste et du caché.

  • Titre traduit

    James Joyce, Raymond Roussel : modalities of the readable


  • Résumé

    This thesis aims to examine the writings of Raymond Roussel (1877-1933) and of James Joyce (1882-1941). Both writers are to be put into comparison so as to shed a reciprocal light upon one another’s works, which are often deemed illegible. Such a study has not yet been carried, although connecting the two writers seems already self-evident : Joyce and Roussel are simultaneously ranked beside Stéphane Mallarmé, when their use of language is not linked with that of schizophrenic Louis Wolfson. What is at stake is to define Joyce and Roussel’s writing strategies, to bring face to face Joyce’s opacity - with all the issues it entails - and the problematic transparency - the seeming clarity - displayed by Roussel’s work. The comparative study of Joyce and Roussel could not dispense with a pondering over the weight of commentary deriving from both canons. This amounts to questionning Joyce’s and Roussel’s authority in the field of criticism.These authors generate autonomous texts which essentially deal with themselves. While fortified by their project, they are fed on their own object. An analogy to the machine seems necessary and compelling. These bachelor machines (Michel Carrouges) are also open works (Umberto Eco). The machine imagination binds Joyce and Roussel while incorporating them into a wider space that comprises Jules Verne as well as Marcel Duchamp. Machines thus make it possible to consider Joyce and Roussel’s writings in terms of surface and depth, but they also highlight the paradoxes of the manifest and of the hidden.

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