Les écritures africaines de soi : 1950-2010 : du postcolonial au postracial ?

par Yannick Martial Ndong Ndong

Thèse de doctorat en Littérature française et francophone

Sous la direction de Anthony Mangeon.

Soutenue le 10-06-2014

à Strasbourg , dans le cadre de École doctorale Humanités (Strasbourg) , en partenariat avec Configurations littéraires (Strasbourg) (laboratoire) .

Le président du jury était Pierre Halen.

Le jury était composé de Corinne Grenouillet, Sylvère Mbondobari, Frédéric Mambenga-Ylagou.

Les rapporteurs étaient Pierre Halen, Claudine Raynaud.


  • Résumé

    On peut identifier une longue pratique autobiographique en Afrique, si l’on remonte aux Confessions de St Augustin, et l’écriture de soi s'est de surcroît développée dans les langues africaines, aux époques précoloniales puis coloniales. C’est toutefois à l’initiative d’anthropologues et d’éducateurs africanistes que les premières autobiographies africaines (souvent rédigées par des instituteurs ou des élèves) ont été collectées, tandis que parallèlement émergeait une écriture autobiographique dans le roman africain francophone. Avec le combat anticolonial, apparaît une forme nouvelle : l’écriture de mémoires par de grands acteurs politiques africains, qui accentue la dimension réflexive des écritures africaines de soi. A l’ère postcoloniale, l’autobiographie tend à devenir de plus en plus intellectuelle, oscillant entre l’essai autobiographique et l’auto-analyse. A partir d’un corpus majoritairement francophone et anglophone, composé d’auteurs aussi divers que Wole Soyinka, Kwame Anthony Appiah, Joseph Emmanuel Nana Appiah, William E. B. Du Bois, Léopold-Sédar Senghor, Lamine Gueye, Amadou Hampâté Bâ, Valentin Yves Mudimbe, Achille Mbembe, Célestin Monga, Barack Obama, Paulin Hountondji ou Rasna Warah, notre thèse retrace les mutations des écritures africaines de soi, de l’ère coloniale à l’époque postcoloniale, en insistant au passage sur les formes de dialogue qui s’établissent entre ceux-ci et les penseurs africanistes français, pour lesquels l’autobiographie fut bien plus qu’un récit de vie. Dans ces perspectives d’histoire et de sociologie littéraire, nous empruntons à Jérôme Meizoz sa notion de posture pour étudier les positionnements esthétiques, politiques et littéraires des écrivains et penseurs africains dans les champs littéraires africains et occidentaux. Nous mettons également en relief diverses modalités de l’auto-réflexivité en confrontant les écritures africaines de soi avec certaines autobiographies intellectuelles de penseurs et écrivains afro-américains. Cette mise en regard permet une réflexion sur les "postures postcoloniales" de nos auteurs, et débouche sur une nouvelle problématique : la visée postraciale ou le dépassement des projets et des interprétations racialistes de l’histoire et de l’identité qui ont caractérisé nombreuses idéologies africaines comme le panafricanisme et la négritude. En nous appuyant pour finir sur l’idée de « postblackness » désormais en vogue aux États-Unis, nous tâchons de montrer que le postracial reste malgré tout davantage un horizon qu’une réalité des écritures africaines de soi, du milieu du XXe siècle au seuil du XXIe siècle.

  • Titre traduit

    The African writings of self : 1950-2010 : from postcolonial to post-racial ?


  • Résumé

    We can identify a long autobiographical practice in Africa, if we go back to the Confessions of St. Augustine, and selfwriting has moreover developed in African languages, in pre-colonial and colonial times. At the initiative of anthropologists and Africanists, the first African autobiographies (often written by teachers or students) were collected, while autobiographical writing simultaneously emerged in the French African novel. With the anti-colonial struggle, memoirs were written by leading African politicians, which emphasized the reflexive dimension of African selfwritings. In the postcolonial era, autobiography tends to become more intellectual, oscillating between autobiographical and self-analytic projects. Through a predominantly french-and english speaking corpus, consisting of authors as diverse as Wole Soyinka, Kwame Anthony Appiah, Joseph Emmanuel Nana Appiah, William E. B. Du Bois, Léopold-Sédar Senghor, Lamine Gueye, Amadou Hampâté Bâ, Valentin Yves Mudimbe, Achille Mbembe, Célestin Monga, Barack Obama, Paulin Hountondji or Rasna Warah, our dissertation traces back the mutations of African selfwriting, from the colonial times to the post-colonial era, emphasizing the dialogues established between African authors and French Africanist thinkers, for whom autobiography was much more than a life story. In these literary historical and sociological perspectives, we borrow from Jerome Meizoz his notion of “posture” to study the esthetical, political and literary positions, of various writers and thinkers in African and Western literary fields. We also highlight how self-reflexivity occurs by confronting African self writings to some intellectual autobiographies produced by African-American thinkers and writers. This comparison allows a reflection on the "postcolonial posture" of our authors, and leads to a new problem : the post-racial project that runs through the racialist interpretations of history and identity that characterized many African ideologies such as Pan-Africanism and negritude. Ultimately relying on the idea of "postblackness" now in vogue in the United States, we strive to show that the postracial remains nevertheless a horizon more than a reality of African writings itself, the mid-twentieth century to the twenty-first century.


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