Quelques contributions en logique mathématique et en théorie des automates

par Mohamed Dahmoune

Thèse de doctorat en Informatique

Sous la direction de Patrick Cegielski.

Le président du jury était Pierre Valarcher.

Le jury était composé de Patrick Cegielski, Christian Choffrut, Alexis Bes.

Les rapporteurs étaient Pascal Caron, Jean-Marc Talbot.


  • Résumé

    Les problèmes traités et les résultats obtenus dans ce travail s'inscrivent essentiellement dans le domaine de la théorie des automates, la logique mathématique et leurs applications. Dans un premier temps on utilise les automates finis pour démontrer l'automaticité de plusieurs structures logiques sur des mots finis écrits dans un alphabet infini dénombrable. Ceci nous permet de déduire la décidabilité des théories logiques associées à ces structures. On a considéré par exemple la structure $X=(Sigma^*;prec,clone)$ où $Sigma^*$ désigne l'ensemble des mots finis sur l'alphabet infini dénombrable $Sigma$, $prec$ désigne la relation de préfixe et $clone$ désigne le prédicat qui est vrai pour un mot se terminant par deux lettres identiques. On a démontré l'automaticité de la structure $X$ et la décidabilité de sa théorie du premier ordre et de sa théorie monadique du second ordre. On a aussi considéré des extensions de la structure $X$ obtenues en ajoutant des prédicats comme $sim$ qui est vrai pour deux mots de même longueur. Nous avons en particulier démontré la $M$-automaticité de la structure $(Sigma^*;prec,clone,sim)$, d'où la décidabilité de sa théorie du premier ordre. On a par ailleurs étudié des structures qui comportent le prédicat $diff$ qui est vrai pour un mot dont les lettres sont toutes distinctes. En particulier on a démontré l'automaticité de la structure $D=(Sigma^*;prec,clone,diff)$ et la décidabilité de sa théorie du premier ordre et de sa théorie monadique du second ordre. On a également obtenu, par interprétation logique, des résultats de décidabilité et des résultats d'indécidabilité pour plusieurs variantes des structures $X$ et $D$, ainsi que pour des familles de structures appelées emph{structure d'applications exclusives} et emph{structure de décomposition}.Dans un deuxième temps on s'est intéressé au problème de la réduction du nombre de transitions dans les automates finis. On a commencé par étendre le concept de emph{Common Follow Sets} d'une expression régulière aux automates finis homogènes. On a montré comment établir une liaison assez directe entre des systèmes de CFS spécifiques et les arbres binaires complets. Ce lien est prouvé en utilisant un objet combinatoire appelé emph{triangle d'Ératosthène - Pascal}. Cette correspondance permet de transformer la valeur qui nous intéresse (le nombre de transitions) en une valeur assez naturelle associée aux arbres (le poids d'un arbre). En effet, construire un automate ayant un minimum de transitions revient à trouver un arbre de poids minimal. On a montré, d'une part, que ce nombre de transitions est asymptotiquement équivalent à $n(log_2 n)^2$ (la borne inférieure). D'autre part, les tests expérimentaux montrent que pour les petites valeurs de $n$, les automates minimaux en nombre de transitions coïncident (en nombre et en taille) avec ceux obtenus par notre construction. Cela nous mène à suggérer que notre réduction est finalement une minimisation pour les automates triangulaires. Dans un dernier temps on a présenté une étude expérimentale concernant l'application des automates à trous dans le domaine de la recherche approchée de motif dans les dictionnaires de mots. Contrairement aux complexités théoriques, temps de recherche et espace de stockage exponentiels, nos expérimentations montrent la linéarité de l'automate à trous

  • Titre traduit

    Some contributions in mathematical logic and automata theory


  • Résumé

    This work deals mainly with automata theory, mathematical logic and their applications. In the first part, we use finite automata to prove the automaticity of several logical structures over finite words written in a countable infinite alphabet. These structures involve predicates like $pred$, $clone$ and $diff$, where $x pred y$ holds if $x$ is a strict prefix of $y$, $clone(x)$ holds when the two last letters of $x$ are equal, and $diff(x)$ holds when all letters of $x$ are pairwise distinct. The automaticity results allow to deduce the decidability of logical theories associated with these structures. Other related decidability/undecidability results are obtained by logical interpretation. In the second part, we generalize the concept of Common Follow Sets of a regular expression to homogeneous finite automata. Based on this concept and a particular class of binary trees, we devise an efficient algorithm to reduce/minimize the number of transitions of triangular automata. On the one hand, we prove that the produced reduced automaton is asymptotically minimal, in the sense that for an automaton with $n$ states, the number of transitions in the reduced automaton is equivalent to $n(log_2 n)^2$ , which corresponds at the same time to the upper and the lower known bounds. On the other hand, experiments reveal that for small values of $n$, all minimal automata are exactly those obtained by our reduction, which lead us to conjecture that our construction is not only a reduction but a minimization. In the last part, we present an experimental study on the use of special automata on partial words for the approximate pattern matching problem in dictionaries. Despite exponential theoretical time and space upper bounds, our experiments show that, in many practical cases, these automata have a linear size and allow a linear search time


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