Borges, le poète, ou le miroir universel du monde

par Delphine Aimée Spychiger

Thèse de doctorat en Études hispaniques

Sous la direction de Christian Manso.

Soutenue le 06-06-2014

à Pau , dans le cadre de École doctorale Sciences sociales et humanités (Pau) .


  • Résumé

    L’étude que nous avons consacrée à la Antología poética 1923-1977 permet de mettre en lumière l’art poétique de Jorge Luis Borges ainsi que d’observer attentivement la dimension spéculaire et la portée universelle de sa poésie. Elle condense, reflète, et nous fait appréhender l’essence du monde dans toute la gamme de ses infinies richesses ainsi que de ses insondables mystères qui hantent la réflexion métaphysique de l’humanité depuis des temps immémoriaux. Nous dégageons, tout particulièrement, nombre de convergences des plus frappantes entre les principaux thèmes borgésiens et les thèses majeures du philosophe Arthur Schopenhauer. Borges emploie, à l’évidence, tout son génie, tout son art de la perplexité et de l’ironie, à façonner subtilement un miroir poétique de la pensée de ce grand maître qu’il vénère tant. Nous constatons, en effet, que la poésie borgésienne, non seulement nous fait prendre conscience de notre perpétuelle et irrémédiable condamnation aux illusions et aux représentations, mais encore tente de relever le défi du dépassement des illusions, d’un accès à un au-delà de la représentation. Sous de multiples aspects kaléidoscopiques de l’Autre (un sablier, un jardin, une bibliothèque, un château, un rêve, la pensée humaine, l’individu, l’écriture, le temps…), c’est en réalité toujours le mythe de l’Eternel Retour du Labyrinthe qui revient sous sa plume. Comment ce mythe ― à la fois personnel et impersonnel ― que Borges a patiemment forgé, tout au long de sa vie, a-t-il pu connaître une remarquable diffusion planétaire et le conduire à être couronné par la gloire de son vivant ? Telle est l’ultime question à laquelle nous tâchons de répondre au terme de notre réflexion.

  • Titre traduit

    Borges, the poet, or the universal mirror of the world


  • Résumé

    The study that we dedicated to the Antología Poética 1923-1977 allows to bring out the poetical art of Jorge Luis Borges as well as to observe in a careful way the speculiar dimension and the universal scope of his poetry. It condenses, reflects and enables us to apprehend the essence of the world in the whole range of infinite riches, as well as the unfathomable mysteries which have haunted the metaphysical reflexion of humanity from time immemorial. We bring out, in particular, a fair number of the most striking convergences between the main themes of Borges the poet and the major thesis of Arthur Schopenhauer the philosopher. It is obvious that Borges uses all his genius, all his art of perplexity and irony to shape, in a subtle way, a poetical mirror of the thinking of this great master that he venerates so much. Not only do we notice that the poetry of Borges enables us to be aware of our perpetual and irreparable condemnation to illusions and representations, but it also tries to take up the challenge of surpassing the illusions, of an access to the beyond of representation. Under numerous kaleidoscopic aspects of the Other (a sandglass, a garden, a library, a castle, a dream, the human thought, the individual, writing, time…), in fact it is always the myth of the Eternal Return of the Labyrinth which comes back under his pen. How can this myth – both personal and impersonal – (patiently forged by Borges all along his life) have met such a remarkable worldwide diffusion and have led him to be crowned by glory in his lifetime? This is the final question we will try to carry through.


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