Frais d’inscription dans l’enseignement supérieur : enjeux, limites et perspectives.

par Léonard Moulin

Thèse de doctorat en Sciences économiques

Sous la direction de David Flacher et de Hugo Harari-Kermadec.

Soutenue le 27-06-2014

à Paris 13 , dans le cadre de École doctorale Érasme (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis) , en partenariat avec Université Paris 13 (laboratoire) et de Université Paris 13 (laboratoire) .

Le président du jury était Hélène Zajdela.

Le jury était composé de Hélène Zajdela, Laurent Lesnard.

Les rapporteurs étaient Philippe Aghion, Jean-François Giret.


  • Résumé

    Cette thèse étudie les effets des frais d’inscription sur les étudiants dans l’enseignement supérieur. Dans la première partie, nous menons une analyse théorique des motivations aux frais d’inscription. Le chapitre 1 dresse une revue critique et pluridisciplinaire de la littérature et dégage trois motivations à leur introduction ou à leur relèvement (l’effet redistributif, l’effet incitatif et l’effet contributif) dont nous contestons la validité. Le chapitre 2 s’interroge sur les conditions théoriques rendant l’instauration de frais d’inscription désirable, alors même qu’existent des classes sociales aux comportements distincts. Nous montrons, en utilisant les développements récents de l’économie comportementale, que la mise en oeuvre de frais progressifs, si elle peut constituer une solution équitable d’un point de vue purement théorique, soulève d’autres problèmes. La deuxième partie de cette thèse s’intéresse aux expériences nationales de mise en place de frais d’inscription. Le chapitre 3 souligne le caractère contrasté des résultats présentés dans la littérature avant de dresser une typologie des contextes institutionnels. Deux régimes nous apparaissent ainsi cohérent même si leurs fondements sont radicalement différents (le régime « libéral » et le régime « social-démocrate »), tandis que le régime « conservateur » français nous apparait difficilement soutenable. Les trois chapitres suivants proposent la première étude sur les effets de l’introduction de frais d’inscription dans le contexte universitaire français. Nous commençons par regarder deux aspects de l’efficience liés à l’introduction de frais d’inscription : (i) un effet de sélection et (ii) un effet incitatif à l’effort. Dans le chapitre 4, nous montrons ainsi que l’introduction de frais d’inscription à Dauphine renforce les effets ségrégatifs et inégalitaires. Dans le chapitre 5, nous prolongeons cette approche en montrant, contrairement aux résultats développés dans la littérature théorique, que les frais d’inscription n’accroissent pas le niveau de réussite et donc les incitations à l’effort des étudiants à Dauphine. Enfin, dans le chapitre 6, nous discutons de la possible généralisation des résultats précédents en commençant par analyser la nature particulière du public de l’Université Paris 9 Dauphine au sein du paysage universitaire français. Les limites théoriques à l’instauration de frais d’inscription (partie I), confirmées empiriquement (partie II), nous conduisent, dans la dernière partie de cette thèse, à revenir sur la typologie construite dans le chapitre 3 en discutant de la manière dont le régime institutionnel « social-démocrate » pourrait contribuer à répondre aux objectifs d’équité, d’efficience et de besoins de financement des universités dans le cas français. Nous introduisons pour cela les fondements de ce que nous appelons une éducation par « répartition » et définissons les conditions de son équité, de son efficience et de sa capacité à financer l’enseignement supérieur.

  • Titre traduit

    Tuition fees in hiqher education : issues, limitations ans perspectives


  • Résumé

    Chapter 1 provides a critical and multidisciplinary review of the literature and identifies three motifs for the introduction or increase of tuition fees whose validity we question in each case. Chapter 2 examines the theoretical conditions that would make the establishment of tuition fees desirable, even when taking into consideration the existence of different social classes with distinct behaviors. Chapter 3 highlights the divergent nature of the results presented in the literature review before providing a typology of institutional contexts. The next three chapters provide the first study analyzing the effects of introducing tuition fees in the French university context. In chapter 4 we show that the introduction of tuition fees in University Paris 9 Dauphine strengthened the effects of social segregation and inequality. In chapter 5 we extend this approach to show that results developed in the theoretical literature, tuition fees do not increase the level of success. Finally, in chapter 6, we discuss the possible generalization of preceding results beginning by highlighting the unique nature of the students at University Paris 9 Dauphine when compared to the broader French academic landscape. The theoretical limits to the introduction of tuition fees (Part I), confirmed empirically (Part II), lead us to return in the last part of our thesis to the typology constructed in Chapter 3 in order to discuss how the “social democratic” institutional regime might help ensure equity, efficiency, and the funding needs of universities in the French context.


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Informations

  • Détails : 1 vol. (346 p.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 313-339

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  • Bibliothèque : Université Paris 13 (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis). Bibliothèque universitaire.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TH 2014 045
  • Bibliothèque : Université Paris 13 (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis). Bibliothèque universitaire.
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