La proie, l’animal personne ou l’ennemi des hommes : nommer, classer, penser et se nourrir d’animaux sur le haut-Maroni des Wayana (Guyane française)

par Emmanuel Martin

Thèse de doctorat en Ethnologie

Sous la direction de Philippe Erikson.

Le président du jury était Pierre Grenand.

Le jury était composé de Philippe Erikson, Pierre Grenand, Florent Kohler, Damien Davy, Francis Dupuy.

Les rapporteurs étaient Florent Kohler.


  • Résumé

    Ce travail de thèse est une exploration ethnologique des propriétés générales et des vérités fondamentales que les Indiens Wayana de Guyane française (Amazonie), de langue karib, reconnaissent aux animaux, entre autres non-humains, ainsi qu’une étude des différentes formes de relations entre les humains et ces non-humains, en particulier la relation de prédation, lorsque les uns tuent et mangent les autres. Ce travail expose tout d’abord les différents non-humains qui peuplent le monde wayana, dont l’animal est une des formes. Puis, à partir d’outils théoriques et par une étude lexicale, la thèse étudie la nomenclature et la classification des entités non-humaines du point de vue wayana. Face aux impasses révélées par cette approche, la thèse expose les propriétés ontologiques des entités non-humaines, pour reconnaître une conception animiste des non-humains. Ce modèle, anthropocentré, au perspectivisme absent, s’avère mettre l’accent sur une équivalence réelle des rapports au sein des différentes bulles d’existants. Par l’étude des différentes positions de consanguinité et d’affinité dans leurs interactions avec les non-humains, ce travail révèle que, dans la relation de prédation avec l’animal, cet autre est avant tout un affin potentiel. On noue avec lui une relation d'ennemi à ennemi qui fonctionne par soustraction et sans institution d’arbitrage. Par l’étude des techniques de prédation, la thèse démontre que les Wayana mettent en œuvre des moyens de prédation les plus efficaces possibles. Si les Wayana cherchent un rendement optimal, il ne s’agit pas de maximiser les gains, mais de minimiser les risques dans une relation de prédation avec un ennemi.

  • Titre traduit

    Prey, the animal person or the enemy of humans : identify, classify, think and feed from animals on the high-Maroni of the Wayana (French Guiana)


  • Résumé

    This thesis is an ethnographic exploration of the general properties and fundamental truths that Indians Wayanas of French Guiana (Amazon), karib, recognize to animals, among other non-human beings, and a study of different forms of relationships between humans and non-humans, in particular the relationship of predation, when the ones kill and eat the others. First of all, this work presents the various non-human inhabitants of the Wayana world, of which the animal is one of the forms. Then, from theoretical tools and a lexical study, the thesis examines the nomenclature and classification of non-human entities from Wayana perspective. With the impasse revealed by this approach, the thesis presents the ontological properties of non-human entities to recognize an animistic conception of non-humans. This model, anthropocentric, without perspectivism, appears to focus on a real equivalence on relationships inside each boxes of beings. By studying the different positions of consanguinity and affinity in their interactions with non-humans, this work shows that in the relationship of predation with the animal, the other is primarily a potential affine. Is tied with him, an enemy to enemy relationship, working by subtraction without arbitration institution. By studying the techniques of predation, the thesis demonstrates that Wayanas implement means of predation the most effective. If Wayana are seeking for optimum performance, it is not so much to maximize the gains, but is to minimize the risks in a relationship of predation with an enemy.


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