Du malheur à l’initiation : les cultes de possession Zar et leurs musiques (Hormozgân, Iran)

par Maryam Gharasou

Thèse de doctorat en Ethnomusicologie

Sous la direction de Jean Lambert.

Le président du jury était Michael Houseman.

Les rapporteurs étaient Fariba Adelkhah, Caterina Pasqualino.


  • Résumé

    La présente thèse porte sur les cultes de possession couramment appelés Zar, dans la province de l’Hormozgân en Iran. Ces cultes, dont des versions apparentées sont répandues sur tout le pourtour de la Mer rouge, de la Péninsule arabique et du Golfe persique, consiste principalement en une cérémonie où un malade est possédé par une entité invisible, bâd, "vent". Parfois établie par un officiant à travers un diagnostic de nature chamanique, l'identification du bâd responsable des troubles est confirmée à travers l'organisation d'une cérémonie qui est entièrement structurée par la musique, et qui comprend aussi un sacrifice animal. Entrant en transe, le patient est alors "chevauché" par le bâd, ce qui se traduit physiquement par l'entrée dans la danse. A travers la transe, qui est une expérience intérieure transformant le patient, la visée thérapeutique débouche en fait sur une initiation spirituelle : le patient est devenu adepte, membre de la communauté des ahl-e havâ, les "gens de l'air", car il a contracté avec l'être invisible une alliance à vie. Les cultes de possession prennent trois formes principales : le nûbân, dont la musique est clairement d'origine africaine : le zâr (dans un sens spécifique), qui est une sorte de syncrétisme afro-arabo-iranien, mais avec un panthéon fortement africain ; les mashâyekh sorte de syncrétisme entre le zâr et le soufisme populaire sunnite et chafiite. La thèse décrit plusieurs cérémonies puis examine le panthéon, les modalités temporelles et spatiales de la cérémonie, les instruments de musique, la poésie chantée et les formes musicales qui contribuent à la montée de la transe. Le modèle relationnel entre les hommes et les êtres invisibles étant celui de l‟adorcisme, la thèse examine également les relations entre cette procédure et l'environnement islamique au sein de la société iranienne. Finalement, la thèse examine les inter-relations existantes entre les trois ou quatre principales variantes du culte, et tente de restituer toute la richesse de ce « complexe mythico-rituel, musical et initiatique ».

  • Titre traduit

    From diseases to the initiation : Zar possession cults and their music (Hormozgân, Iran)


  • Résumé

    This research is about possession cults in the province of Hormozgân, south of Iran. It is based on the direct observation and analysis of one of these cults called Zar. Zar is mostly renowned as an originally African cult with animistic roots. It is spread around the Red Sea, the Arabian Peninsula and southern Iran. There are also other types of more or less related cults practiced by the communities in accordance with their therapeutic methods and spiritual beliefs and needs. In this research we study Zar under three sub-categories: nubân, mashâyekh and zâr. Similar to zâr, nubân is also considered from African origin. Mashâyekh, product of syncretism between Zâr and a kind of Sufism, is mainly related to the Shafi‟i school of Sunni Islam popular on the shores of Yemen and the Persian Gulf. The third practice is also called zâr, but it reflects a combination of Afro-Arab cults and Twelver Shi'ism dominant in Iran. Theses cults are practiced to inhale diseases. In each case of physical, moral or social troubles, patient may adopt different types of worship. The diagnosis is made by “testing” the supernatural beings by playing the music and singing the songs, which matches them. The relational paradigm between men and supernatural beings is predominantly based on adorcisme promoting mutual coexistence. In some cases the model of exorcism dominates. This thesis first describes several ceremonies and their characteristics. Then it presents and analyzes the appropriate music to each practice. A comparison is made between the different aspects of these cults and their relationships with music. We also include discussions with the believers of this treatment method, about the concept of the disease and healing. Finally the social and religious status of such a practice in a Shiite Muslim society is addressed.

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  • Détails : 1 vol. (488 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.457-475. Index

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  • Cote : T14PA10042

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