La parole en conflit : analyse de la parole publique sur une pratique de violence : la prise d'otage politique en Colombie (2002-2010)

par Liliana Buitrago Orjuela

Thèse de doctorat en Études hispaniques

Sous la direction de Perla Petrich.


  • Résumé

    Dans le contexte du conflit contemporain en Colombie, la prise d’otage politique a suscité sur la scène publique beaucoup de débats de tous ordres, notamment sur la légitimité de la recherche d’un accord. Cette thèse aborde la prise d’otage à partir de la parole publique qui émerge dans ce contexte paradoxal, sous la forme de polémiques politiques et de témoignages. Cette étude est centrée sur les prises d’otages politiques des Farc pendant les deux mandats du président Álvaro Uribe, période durant laquelle les acteurs du conflit ne se sont jamais mis d’accord. Il s’agit d’une analyse d’un désaccord politique constant, non résolu. La prise d’otage est comprise ici, non pas d’abord comme forme de violence, mais comme matrice d’un espace communicationnel, d’un espace de stratégie politique et sociale où les prises de paroles, sensées résoudre un problème, ne font que se juxtaposer. Le récit de la victime entre aussi dans ce répertoire, consolidant sa place dans l’espace public : la visibilité médiatique de son témoignage introduit dans le débat national l’expérience individuelle de la violence comme argument politique. Cette mise en scène d’une expérience de violence intègre la souffrance de la victime dans les stratégies de communication politique. Ce parcours à travers la parole publique montre que cet espace communicationnel n’est pas seulement un champ de forces dans lequel les acteurs armés confrontent leurs images politico-militaires, mais aussi un espace de représentations où interviennent d’autres acteurs du monde social.

  • Titre traduit

    Analysis of public speach about the practice of violence : political hostages in Colombia (2002-2010)


  • Résumé

    In the context of contemporary conflict in Colombia, political hostages generated a lot of debate in the public arena, at all levels, including the legitimacy of trying to reach political agreement. This thesis addresses hostages taking from the analysis of the public discourse that emerges in this paradoxical context, in the form of political controversies and testimonies. This study focuses on the Farc political hostages during Álvaro Uribe’s presidency years, when the parties involved in the conflict did not agree. This is an analysis about a constant unresolved political disagreement. Hostage taking is analysed here primarily, not as a form of violence, but as the origin of a communication space, a space of political and social strategy where speeches, supposed to help solving a problem, get juxtaposed. The victims stories also belong in this repertoire, consolidating their place in the public space: testimony medias exposure introduced into the national debate the individual experience of violence as a political argument. This staging of a violent experience includes the victim’s suffering as a political communication strategy. This journey through public speaking shows that this communication space is not only a force field in which armed actors confront their politico-military images, but also a performance space where other actors of the social world are involved.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (422, 204 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 398-419

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris 8-Vincennes Saint-Denis (Sciences humaines et sociales-Arts-Lettres-Droit). Service Commun de la Documentation. (Saint-Denis) .
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TH 3705/1,2
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