Problématique de la continuité filmique dans l'art contemporain

par Caroline Bernard

Thèse de doctorat en Esthétique, sciences et technologie des arts

Sous la direction de Jean-Louis Boissier.


  • Résumé

    Les œuvres regroupées dans cette étude tentent, en s’appuyant sur les spécificités de la matérialité filmique, de décrire ou de figurer le continuum spatio-temporel. La continuité filmique est la continuité résultante de l’enregistrement d’une caméra et qui, à certains égards, ressemble ou s’apparente à la continuité du réel. Lorsqu’un phénomène est enregistré, sa cohérence spatio-temporelle est, dans le même temps, transformée et préservée. Les dispositifs filmiques de ce corpus tentent, en recourant à la captation filmique, de s’approprier le réel comme une matière. Les artistes en découpant et réordonnançant le filmique déjouent l’inexorabilité de notre condition spatio-temporelle et tentent de révéler des dimensionnalités inaccessibles autrement. Les films supplantent leur bidimensionnalité originelle pour prendre forme, ils sont des tubes, des ellipses, des anamorphoses jusqu’à devenir parfois des objets préhensibles. Ce processus de transformation filmique tente d’être le plus continu possible sans déchirure ni rupture, selon des déformations de type topologique. La captation filmique, en s’ancrant dans le territoire, permet aussi une appropriation du temps et de l’espace à une échelle planétaire. La machine de vision est parfois mondialisée, la prise de vue a lieu à distance par l’entremise d’une webcam séparée de l’opérateur par des milliers de kilomètres. Le paradigme de la continuité est ainsi modifié, car la mécanique filmique se trouve écartelée. Les images deviennent des outils de mesure et de déchiffrement de la planète, les films sont alors de nature géodésique, c’est-à-dire qu’ils contribuent à une mensuration poétique du globe terrestre.

  • Titre traduit

    Problematic of filmic continuity in contemporary art


  • Résumé

    Relying on the specific material characteristics of the film medium, the works brought together in this study attempt to describe or depict the spacetime continuum. Filmic continuity is the continuity resulting from a camera recording and, in some respects, it resembles or is similar to the continuity of reality. Whenever a phenomenon is recorded, its spacetime coherence is at the same time transformed and preserved. By recoursing to filmic capture, the filmic devices of this corpus seek to appropriate reality as a material. Artists, when they cut and reorder filmic material, get around the inexorable quality of our spacetime condition and try to reveal otherwise inaccessible dimensionalities. Films supplant their original bidimensionality and take shape; they are tubes, ellipses, anamorphoses, sometimes to the point of becoming prehensible objects. This process of filmic transformation seeks to be as continuous as possible, with no breaks or tears, through topological distorsions. Filmic capture, being anchored in the territory, also makes it possible to appropriate time and space on a planet-wide scale. The viewing machine is sometimes globalized, and shooting is carried out remotely using a webcam with the operator thousands of miles away. The continuity paradigm is thus modified, for the filmic mechanism is pulled in two directions. Images become tools for measuring and deciphering the planet; films are then geodesic in nature, i. E. They contribute towards a poetic measurement of the globe.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (587 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 510-522. Index

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  • Bibliothèque : Université Paris 8-Vincennes Saint-Denis (Sciences humaines et sociales-Arts-Lettres-Droit). Service Commun de la Documentation. (Saint-Denis) .
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TH 3672
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