Choix et composition musicale : dans l'espace des raisons

par Mario Lorenzo

Thèse de doctorat en Musique

Sous la direction de Horacio Vaggione.


  • Résumé

    Notre réflexion se situe autour du choix en cours d'écriture dans la pratique de la composition musicale. À l’ère de l’interaction, où tous les acteurs de la composition musicale s’accordent, avec des nuances, sur le caractère indispensable de l’écriture dite « manuelle », le prix à payer pour un tel consentement est, à quelques exceptions près, le plus élevé : considérer le choix spontané comme la partie irrationnelle de la pratique. En effet, un bon nombre de réflexions s’obstinent à chercher, directement ou indirectement, le fondement de nos déterminations dans les théories qui, non sans un certain charme, se donnent rendez-vous au final, dans les « zones les plus obscures de l’intelligence » où le langage, s’il n’est pas privé (avec tous les non-sens que cela implique) est tout simplement de trop. À l’égard de ces recherches, il semblerait que l'on n’ait pas encore résolu ce que certains sont prêts à appeler « le problème de la créativité » ou encore « le problème de la spontanéité ». Nous pensons qu'il est tout a fait possible de donner au choix libre un « rôle structurant de premier ordre » selon une expression de Vaggione, sans le besoin d'adopter des arguments qui mettent sérieusement en cause le sens-commun. Le manque de fondement de nos choix n’est pas la trace d’une ignorance que la science, ou une certaine science, pourrait un jour nous aider à surmonter, mais la manifestation d’une confusion de grammaire qu’il convient de clarifier. Autrement dit, la difficulté n’est pas d'ordre causale mais conceptuelle. Compte tenu de la profusion de réflexions musicales actuelles faisant référence à l’espace, je propose de placer nos choix, avant toute chose, dans l’« espace des raisons », (expression prise à Wilfrid Sellars), espace qui n’excède pas la sphère de concepts. À partir de textes de Wittgenstein et plus largement, de la philosophie du langage et de la connaissance, notre objectif n’est pas d’attaquer héroïquement le problème à la racine en voulant construire une théorie de la création ou quelque chose de ce genre, mais de participer à la dissolution, (par un long travail systématique de « petits pas »), d'un certain nombre de erreurs philosophiques qui se sont installées dans les réflexions sur la composition musicale. Cette démarche achevée, nous n'arriverons pas à une théorie de l’acte d'écriture, mais devant notre grammaire, nos manières de faire. Comme le résume Jacques Bouveresse, la meilleure manière de rencontrer le nouveau est de laisser les choses dans l'état. Cela veut dire, pour nous, se retrouver devant la partition que nous sommes en train de composer sans la prétention de vouloir dire plus que nos langages nous le permettent.

  • Titre traduit

    Choice and musical composition : in the space of reasons


  • Résumé

    Our research focuses around choice in the process of writing into the practice of musical composition. Even if, at the era of interaction, in which all relevant players are agreed about "manual control", this unanimous consent comes, with a few nuances, at too great a price: the spontaneous choice should be seen, in the final analysis, as the irrational part of the practice. Indeed, many research projects are seeking, directly or indirectly, the foundation of our determination in the theories that, not without charm, leave many openings through which "the most complex and mysterious factors of the intelligence may penetrate" where the language, if is not private (with all the nonsense that involves), it's simply discarded. Concerning these researches, it seems that what some composers are willing to call "the creation problem" or still "the spontaneity problem" is unresolved to date. We think that it is possible to give at free choice a "structuring role of first-rate" in the words of Vaggione, without the need to use the arguments casting doubt over seriously the common sens. The lack of theoretical foundation of our choice is not the trace of ignorance that science could just helping us to overcome it, but the expression of grammar confusions that should be clarified. In other words, the difficulty is not in a causal connexion but in a conceptual one. In view of the abundance of current musical reflections referring to space, I propose to place our choice, before anything else, in the "space of reasons" (as Wilfrid Sellars puts it). I should add this space is not exceeding the sphere of concepts. From Wittgenstein's texts and, more broadly, to the philosophy of language and knowledge, our goal is not to build a theory of act of writing or something of this kind, but to participate to dissolve (by a long and systematic piecemeal work), a certain number of philosophical mistakes which have settled in the reflections upon of musical composition. Once there, we shall reach our grammar, ours ways of making. As summarized Jacques Bouveresse, the best way to meet the newness is to let things being. This means, for us, retrieving the score we are composing, without presuming to speak more than we are allowed.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (VII-693 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. [581]-607

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  • Bibliothèque : Université Paris 8-Vincennes Saint-Denis (Sciences humaines et sociales-Arts-Lettres-Droit). Service Commun de la Documentation. (Saint-Denis) .
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TH 3651
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