La déconstruction du corps et des sexualités dans les performances artistiques en France de 1970 à 2000 : vers une prise en compte de la notion de genre

par Norman Férey

Thèse de doctorat en Arts du spectacle

Sous la direction de Claude Amey.


  • Résumé

    Au cours des années 1990, la notion de genre attachée au contexte culturel des corps s’est difficilement fait une place au sein de la sphère intellectuelle. Cette notion s’est-elle déployée plus facilement dans le champ de la performance ? Dès les années 1970, le corps tient une place contestataire importante dans la création notamment en matière de déconstruction des sexes : c’est le développement de l’art corporel. Plusieurs artistes recherchent dans cette perspective les fondamentaux du corps qui puissent résoudre les problèmes culturels liés à la différence sexuelle. Plus tard, dans les années 1980 la performance perd de son potentiel subversif. Le contexte politique global change et le corps se diffuse largement par les écrans. Deux positions se dessinent pour les artistes français : un intérêt plus prononcé pour l’immatériel que représente le verbe ou une exploitation et une recherche du corps à travers sa diffusion médiatique et technologique. Dans un cas comme dans l’autre le rapport entre les artistes et les corps « déviants » dont ils s’emparent est loin d’être évident. Les « corps minoritaires » se retrouvent plutôt dans la sphère militante et activiste. Dans les années 1990 l’arrivée de différents tels que la question des signes religieux visibles ou l’augmentation alarmante de l’épidémie de sida, vont finalement jouer pour les performeurs comme un catalyseur à une re-politisation des questions liées à la différence sexuelle et aux phénomènes identitaires. Cette dernière décennie marque donc une émergence de la notion de genre au sein de la sphère artistique même si le lien entre création et militantisme reste toujours problématique et peu actif.


  • Résumé

    During the 90s, the concept of gender related to the cultural context of the body hardly had a place in the intellectual sphere. Did this concept spread itself more easily in the field of performance? From the 70s onward and right after the impulse given by 68 movements, the body took an important protest role in the creative process, in particular regarding gender deconstruction: that is the development of body art. Several artists tried through this medium to find a Body fundament which could bring an answer to cultural issues related to sexual differences. Later in the 80s, performance art became less subversive. The global political environment was changing and the body was more visible especially on screens. Two mains positions emerged among French artists: one focused more on words and an immaterial approach and the other using technology and media to explore the body. In both cases, the relationship between the artist and the deviant bodies that they used is far from clear. The “minority bodies” were more to be found in the militant and activist sphere. In the 90s, arguments about topics to do with secularism and the alarming raise of HIV would finally push the performers to reconsider the political dimension of gender and identity questions. Therefore, in this last decade, the concept of gender found its legitimacy in the artistic field even though the relationship between creative process and political activism still seems problematic and not that active.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (553 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 530-547. Index

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  • Bibliothèque : Université Paris 8-Vincennes Saint-Denis (Sciences humaines et sociales-Arts-Lettres-Droit). Service Commun de la Documentation. (Saint-Denis) .
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TH 3609
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