L'indépendance ambiguë : construction nationale, anticolonialisme et pluralisme culturel en Guinée (1945-2010)

par Céline Pauthier

Thèse de doctorat en Histoire et civilisations

Sous la direction de Odile Goerg.


  • Résumé

    L'accession de la Guinée à la souveraineté, en 1958, constitue un acte fondateur, autour duquel s'est construit le récit nationaliste. Les mouvements politiques et sociaux des années 1940 et 1950 apparaissent cependant plus complexes que ne le laisse supposer la mythologie nationaliste. Dans un contexte de réformes impériales, les partis proposèrent de multiples déclinaisons de l'anticolonialisme. Ils s'opposèrent surtout au sujet de la légitimité politique, qu'il fallait refonder sur de nouvelles bases. Les jeux d'échelle entre politique locale, regroupement ouest-africain, logique métropolitaine et enjeux de guerre froide menèrent finalement à la revendication de souveraineté. Au tournant de l'indépendance (1956-1962), la direction du Parti Démocratique de Guinée imagina la nation comme une communauté unie autour du parti-unique et de son leader. Les dissonances, réelles ou potentielles furent étouffées. La radicalisation du régime, de 1961 à 1976, s'accompagna d'une réduction du nationalisme à l'anti-impérialisme. Toutefois, la construction nationale apparaît comme un processus ambivalent. A travers la mobilisation permanente et les politiques culturelles impulsées par l'Etat, les Guinéens prirent part à la mise en scène de la nation, entre enthousiasme et contrainte. Cette histoire partagée, en dépit de ses tourmentes, a contribué à faire de la nation guinéenne une communauté émotionnellement viable. Ceci est visible dans les controverses mémorielles qui émergent à partir de 1984. Souvent focalisées autour de la figure du « héros de l'indépendance », elles réactivent certain; motifs du récit nationaliste qui apparaissent tantôt partagés, tantôt disputés.

  • Titre traduit

    An ambiguous Independence : anticolonialism, nationalism and plurality in Guinea (1945-2010)


  • Résumé

    Guinea's access to independence, in 1958, was a founding act, around which the nationalist narrative was forged. But the political and social mobilizations of the 1940s and 1950s are more complex than the nationalist mythology suggests. In a context of imperial reforms, political parties offered different ranges of anticolonialism. They also confronted about political legitimacy, that had to be refounded. At different scales, local politics, west-african formations, metropolitan strategy interacted in the cold war context and led to the daim to sovereignty. At the turn of independence (1956-1962), the Parti Démocratique de Guinée leadership came to imagine the nation as a community united by the one-party state led by its leader. All dissent, be it real or potential, was suppressed. As the regime radicalized, from 1961 to 1976, nationalism was reduced to anti-imperialism. Nevertheless, the process of nation-building was an ambivalent one. Through permanent mobilization and cultural nationalism, Guineans took part in performing the nation, between consent and constraint. This shared history, in spite of its turmoils, contributed to make the guinean nation an affective community. This is conspicuous in the memorial controversies that emerged from 1984 on. Often centered round the figure of the « hero of independence », they rekindle some parts of the nationalist narrative which are either meeting consensus or triggering dispute.

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Informations

  • Détails : 1 vol.(782 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 677-720. Notes bibliogr.

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  • Bibliothèque : Université Paris Diderot - Paris 7. Service commun de la documentation. Bibliothèque Universitaire des Grands Moulins.
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  • Cote : TL (2014) 125
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