Poétiques du blâme à la Renaissance

par Thomas Berriet

Thèse de doctorat en Histoire et sémiologie du texte et de l'image

Sous la direction de Pascal Debailly.


  • Résumé

    Cette thèse trouve son origine dans une hésitation de la poésie de la Renaissance entre deux postures critiques : d'un côté celle qu'implique le jeu satirique hérité d'Horace, de l'autre celle qui relève du blâme issu de la poésie archaïque ou de la tradition rhétorique. Son objectif est de mettre en lumière, au-delà des désaccords de surface, ce que révèle cette hésitation, afin de mieux comprendre la signification du projet épidictique des poètes de la Renaissance. La perspective de ce travail n'est donc pas générique ou formelle, mais s'inscrit dans une poétique anthropologique. Son originalité consiste à aborder la poésie épidictique par le biais non de l'éloge mais de son envers, le blâme. La première section examine, à partir des textes et des pratiques de l'Antiquité, l'histoire rhétorique, philologique, philosophique et poétique du blâme. A l'aide d'outils issus de l'anthropologie maussienne ou de la sociologie historique, elle en reformule les enjeux et articule la notion de parrêsia et celle de parénèse. La seconde section se concentre sur la Renaissance. À partir d'Érasme, Budé ou Castiglione, elle examine les enjeux politiques et symboliques associés à la parole poétique pour maintenir la cohésion du corps « ontologique » du public. Elle souligne aussi, à travers l'étude lexicographique, la défiance des humanistes vis-à-vis de la discorde, de la calomnie et de la médisance. Ce paradoxe fondateur explique les exigences élevées associées à un éthos du blâme qui permet, malgré le prix de la franchise, de s'adresser au prince à travers un pacte épidictique souvent idéalisé. Trois poètes sont étudiés à travers ce filtre : Marot, Ronsard et Du Bellay.


  • Résumé

    This PhD thesis originates in Renaissance poetry's wavering between two critical stances : on the one hand the stance involved by the satirical game inherited from Horace, and on the other hand the stance which resorts to the blame coming from archaic poetry or rhetorical tradition. It aims at shedding light on the core meaning of such wavering beyond superficial disagreements, so as to gain a better understanding of the Renaissance poets' epideictic project. As a result, this work has no generic or formai perspective, but pertains to an anthropological poetic. Its originality can be found in its specific approach of epideictic poetics, by way of blame instead of praise. Based on Antiquity texts and practices, the first section investigates the rhetorical, philological, philosophical and poetic dimensions of blame's history. Borrowing analytical tools from Maussian anthropology and historical sociology, it raises its stakes again while connecting both notions of parrhesia and parenesis. The second section focuses on the Renaissance period. Relying on Erasme, Budé or Castiglione, it scrutinizes the political and symbolical issues regarding poetical language, considered as an attempt to maintain the coherence of the public's « ontological » body. Through a lexicographic survey it also highlights the humanists' disapproval of discord, calumny and defamation. An account of the high standards regulating the ethos of blame can then be given : despite the cost of frankness, they paradoxically allow to address the Prince within an epideictic pact which is often idealized. Three poets are being studied using this lens : Marot, Ronsard, and Du Bellay. Mediations and textual appropriations underlying the invention of these sung genres.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (811 f.)
  • Annexes : 300 Réf.

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris Diderot - Paris 7. Service commun de la documentation. Bibliothèque Universitaire des Grands Moulins.
  • Consultable sur place dans l'établissement demandeur
  • Cote : TL (2014) 112
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