L' écrivain est-il un homme de parole? : conjonctions et disjonctions entre parole, écriture et silence dans la littérature du XXe siècle

par Jean-Marc Hamon

Thèse de doctorat en Histoire et sémiologie du texte et de l'image

Sous la direction de Éric Marty.

Soutenue en 2014

à Paris 7 .


  • Résumé

    Parole, écriture et silence » : trois composantes essentielles du langage dont il est nécessaire de mieux définir les liens mais aussi les spécificités. En effet, la narratologie, par exemple, utilise des termes qui orientent notre réflexion vers la parole pour décrire des phénomènes qui sont à l'oeuvre dans l'écriture. Cependant un texte peut être élaboré et lu sans qu'aucune parole ne soit prononcée. D'un auteur au lecteur, la parole qui circule est silencieuse. Si une voix est bien en cause dans ce mouvement de transmission d'un propos, c'est de manière intérieure. Et cette voix intérieure, qui ne fait aucunement appel à l'appareil phonatoire, est générée par le lecteur. L'auteur lui, à l'instar du narrateur-auteur du bavard, peut garder le silence et affirmé qu'il n'a « rien dit ». Par conséquent, désigner les processus opératoires d'une narration par une terminologie se référant à une « voix », comme la notion de « voix narrative », est-elle alors pertinente? Notre thèse est qu'une définition plus précise des fonctions du langage qui sous-tendent l'écriture, nous permettre. D'utiliser des notions appropriés à l'analyse de textes dont l'ambiguïté tient à l'interaction complexe de ces mêmes fonctions. Pour étayer notre propos, nous avons constitué notre corpus par des textes appartenant aux oeuvres de Louis-René Des Forêts, James Joyce et Ghérasim Luca. Loin de rendre incohérent notre corpus, d'un point de vue plus littéraire que méthodologique, l'apport de l'oeuvre de G nous a permis de comprendre l'importance de la répétition — tant aux niveaux stylistique, thématique, descriptif, ou d-tentatives d'écritures romanesques et biographiques — dans les oeuvres des trois auteurs que nous avons choisis comme vecteur de nos recherches. La répétition c'est par conséquent imposée comme point de départ de notre de recherche. Nous ne nous y intéresseron pas uniquement d'un point de vue stylistique ou formel mais nous tenterons de comprendre également la place qu'elle occupe dans le fonctionnement même du langage. Une approche théorique de la répétition nous a permis de nous poser une série de questions essentielles: l'écriture serait-elle une répétition de la parole? Si oui, cela implique-il que parole et écriture sont identiques. Si non, est-ce qu'il y a différence entre parole et écriture? Peut-il y avoir différence lors d'une répétition. Si oui, quelle est la nature d'une telle différence? Pour mieux aborder cette série de questions, et de ne pas orienter trop rapidement nos recherches vers la philosophie d langage, nous proposons de postuler qu'il existe une différence entre parole et écriture puis de soumettre les textes d-notre corpus à une analyse qui tienne compte de ce postulat. Mais nous ne chercherons cependant en aucun cas à comparer les oeuvres de nos auteurs, bien trop singulières pour l'être, car c'est justement à partir de leurs singularités, sises aux confins du langage, que nous tenterons de comprendre comment l'écriture peut être un vecteur expressif se substituant à la communication lorsque celle-ci échoue ou n'est devenue que le pâle reflet d'une ligne serpentine tracée à main levée.


  • Pas de résumé disponible.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 1 vol. ([434] p.)
  • Annexes : Réf. bibliogr. p. 379-419

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris Diderot - Paris 7. Service commun de la documentation. Bibliothèque Universitaire des Grands Moulins.
  • PEB soumis à condition
  • Cote : TL (2014) 093

Cette version existe également sous forme de microfiche :

  • Bibliothèque : Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne (Paris).
  • Non disponible pour le PEB
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.