Du "scénario" au film : la création du long métrage de fiction aux Etats-Unis et en France dans les années 1910

par Melissa Gignac

Thèse de doctorat en Histoire et sémiologie du texte et de l'image

Sous la direction de Marc Vernet.

Soutenue en 2014

à Paris 7 .


  • Résumé

    Cette thèse soulève une question fondamentale en histoire du cinéma : qu'est-il advenu de la création cinématographique avec l'avènement du long métrage ? Le passage du court au long métrage constitue une révolution protéiforme qui affecte le cinéma dans sa globalité, au niveau industriel, narratif et esthétique. La comparaison entre les deux pays (par l'intermédiaire d'un corpus restreint composé de la Triangle Film Corporation, des Films Valetta et des films d'Albert Capellani au sein de la S. C. A. G. L. ) s'explique par le fait que les premiers critiques, théoriciens et historiens du cinéma ont trop souvent opposé les deux cinématographies, glorifiant le cinéma américain pour mieux décrier le « style français d'avant-guerre » (Louis Delluc, Léon Moussinac, Philippe Soupault, etc. ). La comparaison permet ainsi de traiter chacune des deux cinématographies, en révélant leurs spécificités respectives, ou au contraire, leurs points de rencontre. La comparaison permet également, parfois, de combler les lacunes de la documentation (française notamment) et fonctionne à des fins heuristiques : on ne s'enferme pas dans un seul modèle mais on résonne plutôt par analogie. Le premier axe de travail porte sur la fabrique des films : l'organisation industrielle et sociale aux sein des studios, la création de métiers relatifs à l'écriture scénaristique et la conception des films notamment. Le deuxième axe porte sur la création de genres nationaux de part et d'autre de l'Atlantique. Et le dernier axe traite des questions esthétiques et de l'évolution des formes filmiques, sur la nécessité d'entretenir la mémoire du spectateur sur du long terme.


  • Résumé

    My research focused on both American and French feature-length movies from the 1910s. This work relied on three different complementary approaches: industrial, narrative and aesthetic. I focused on three different societies : the Triangle Film Corporation for the American cinema ; the Films Valetta and the Albert Capellani's movies in the S. C. A. G. L. For the French cinema. The first approach concerns screenwriting practices in the film industry in the 1910's (policy of acquiring literary materiel, creation off specific departments - scenario department, lecture department -, etc. ). The second approach - the narrative one - deals with cultural studies and demonstrates how the feature-length movie leads cinema to develop itself in both discursive and political ways. The hypothesis is this one: the feature-length movie permitted the cinema to develop the power of the movie as a social component. Some case studies about drug-films (dealing with opium), colonial films and also melodramas showed how both French and American societies used cinema to represent themselves and tried to employ films to solve their conflicts and contradictions, by a narrative way. The third approach deals with aesthetic and filmic forms.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (696 p.)
  • Annexes : 261 réf.

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris Diderot - Paris 7. Service commun de la documentation. Bibliothèque Universitaire des Grands Moulins.
  • PEB soumis à condition
  • Cote : TL (2014) 078
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