Ni paix ni guerre : philosophie de la désobéissance civile et politique de la non violence

par Manuel Cervera-Marzal

Thèse de doctorat en Sciences juridiques et politiques(philosophie politique)

Sous la direction de Étienne Tassin et de Souleymane Bachir Diagne.

Soutenue en 2014

à Paris 7 .


  • Résumé

    La désobéissance civile est d'emblée confrontée à la question de sa légitimité démocratique : au nom de quoi des citoyens seraient-ils autorisés à enfreindre la loi issue de la volonté majoritaire et du Parlement régulièrement élu ? La première partie de la thèse montre que la réponse à cette question diffère selon que l'on adopte le point de vue de théoriciens libéraux comme John Rawls et Jürgen Habermas ou celui d'acteurs historiques comme Gandhi et Martin Luther King. En outre, la désobéissance civile entend lutter sans violence contre les différentes formes d'injustice. Les désobéissants civils se battent pour l'avènement d'une société non-violente, d'une manière qui reste non-violente, alors même qu'ils agissent dans une société qui ne l'est pas. Dans la seconde partie de la thèse, une observation participante au sein d'un collectif de désobéissance civile rend compte de la façon dont les militants affrontent ce paradoxe. La division genrée du travail militant et la domination du leader sur le reste du groupe révèlent que, malgré ses valeurs féministes et son idéal égalitaire, l'organisation est traversée par des logiques asymétriques et des violences structurelles. Enfin, la troisième partie permet l'élaboration d'une philosophie de la désobéissance civile. L 'examen des rapports entre une société et ses lois nous apprend que l'expérience démocratique est prise dans une tension entre sa dimension instituante et sa dimension instituée, entre le pouvoir de créer et celui d'institutionnaliser. L 'action politique n'est pa concevable sur le modèle de la paix ni davantage sur celui de la guerre. Elle se manifeste en tant que conflictualité non violente.


  • Résumé

    Civil disobedience is facing to the question of its democratic legitimacy: are citizens allowed to break the law voted by the majority and the elected Parliament? As demonstrated in the first part of the thesis, the answer to this question depends on weather we adopt the perspective of liberal philosophers such as John Rawls and Jürgen Habermas, or the perspective of activists like Gandhi and Martin Luther King. Furthermore, civil disobedients aim to fight against various fonns of injustice, but without violence. They are standing for a nonviolent society, in a way that remains nonviolent, in a society that is not nonviolent. In the second part of the thesis, a participant observation in a group of civil disobedience reports how activists address this paradox. The gender¬based dynamics among the activists and the domination of the leader over the rest of the group demonstrate that, despite its feminist values and egalitarian ideals, unequal logics and structural violence shape the organisation. The third part exposes a philosophy of civil disobedience. The relationship between a society and its laves tells us that the democratic experience is caught in a tension between its instituting and established dimensions, between the power to create and file one to institutionalize. Political action is not conceivable on the pattern of peace nor on the pattern of war. It manifests itself as a nonviolent conflict.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 1 vol. (488 f.)
  • Annexes : 734 réf.

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque :
  • PEB soumis à condition
  • Cote : TL (2014) 035

Cette version existe également sous forme de microfiche :

  • Disponible pour le PEB
  • Cote : MFT 14/PA07/0035
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.