Héritages baudelairiens (1931-2013)

par Mathilde Labbé

Thèse de doctorat en Littérature française

Sous la direction de André Guyaux.

Soutenue le 06-12-2014

à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Littératures françaises et comparée (Paris) , en partenariat avec Littérature française XIXe-XXIe siècles (Paris) (laboratoire) .

Le président du jury était Henri Scepi.

Le jury était composé de André Guyaux, Henri Scepi, Edward K Kaplan, Luca Pietromarchi.


  • Résumé

    Bien que le scandale qui a accompagné la publication des Fleurs du mal ne soit plus un obstacle à leur diffusion, il continue à jouer un rôle dans la lecture de l’oeuvre de Baudelaire : le XXe siècle a fait du poète l’archétype de l’artiste censuré. En analysant la réévaluation de l’oeuvre de Baudelaire et la manière dont certaines Fleurs du mal ont été mises à distance, notre étude vise à faire l’histoire de la fortune du poète après le processus d’institutionnalisation qui a fait de lui un classique à la fin des années 1920. Nous nous intéressons au rituel de la commémoration littéraire à travers l’analyse d’un corpus d’articles et d’ouvrages publiés lors de trois anniversaires : le centenaire du procès des Fleurs du mal, celui de la mort de Baudelaire et le cent-cinquantenaire du même procès. Nous envisageons également la fortune littéraire de Baudelaire en France à partir de 1930, date à laquelle son oeuvre est considérée comme l’origine de la poésie moderne. Une analyse critique de la notion d’influence permet de réévaluer le statut du poète, à la fois modèle et antimodèle pour Pierre Jean Jouve, Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet, Michel Deguy, André Frénaud ou André du Bouchet, et de montrer que son apparent oubli, entre le centenaire de 1967 et les années 1990, est suivi d’un retour au lyrisme de La Cloche fêlée. Nous voulons enfin montrer que la patrimonialisation de l’oeuvre de Baudelaire n’a pas été suivie d’une complète intégration à la culture nationale : la « survie culturelle » de Baudelaire à travers les adaptations de son oeuvre, ses biographies ou ses portraits ne s’inscrit pas dans un processus de panthéonisation mais dans un culte multiforme de l’écrivain, résultat de l’institutionnalisation du scandale.

  • Titre traduit

    Baudelairean heritage (1931-2013)


  • Résumé

    While the scandal raised by the publication of Les Fleurs du mal is no longer an obstacle to the diffusion of the book, it still plays a role in the reading of Baudelaire: the 20th century made the poet into the archetype of the censored artist. By investigating the re-evaluation of Baudelaire’s work and the rejection of some Fleurs du mal, my study aims at accounting for the history of Baudelaire’s fortune after the institutionalization process that made him a classic, in the late 1920’s. I am interested in the ritual of the literary commemoration, through the analysis of a collection of articles and of works published during three anniversaries: the centenary of Les Fleurs du mal’s trial, the one of Baudelaire’s death and the one hundred and fifty years anniversary of the same trial. I also consider Baudelaire’s literary fortune in France since 1930, a time where his work began to be seen as the origin of modern poetry. A critical analysis of the notion of “influence” makes it possible to re-evaluate the poet’s status – he is at the same time a model and an anti-model for Pierre Jean Jouve, Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet, Michel Deguy, André Frénaud or André du Bouchet – and to show that his apparent disappearance between the 1967 centenary and the early 1990s is followed by a return of La Cloche fêlée’s lyric. I finally want to show that the patrimonialization of Baudelaire’s work was not followed by its complete integration to national culture: the “cultural survival” of Baudelaire through his works’ adaptations, his biographies or his portraits does not belong to a pantheonization process, but to a multifaceted cult of the writer, resulting from the scandal’s institutionalization.


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