J.-K. Huysmans et la médecine : du « clinicien ès lettres » au physiologiste des âmes

par Laure de La Tour

Thèse de doctorat en Littérature française

Sous la direction de Dominique Millet-Gérard.

Soutenue le 29-11-2014

à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Littératures françaises et comparée (Paris) .

Le président du jury était André Guyaux.

Le jury était composé de Dominique Millet-Gérard, André Guyaux, Per Buvik, Jean-Louis Cabanès, Pierre-Jean Dufief.


  • Résumé

    Étudier les liens entre Huysmans (1848-1907) et la médecine, c’est se pencher sur un paradoxe : celui d’un écrivain d’abord naturaliste, fortement influencé par Zola et une médecine triomphante dont la méthode est érigée en modèle pour les romanciers, qui conserve après sa conversion au catholicisme, au début des années 1890, une écriture fortement imprégnée d’images relevant de la physiologie et d’un lexique médical. Ces derniers sont caractéristiques du style de l’écrivain, le « naturalisme spiritualiste », qui entend dire l’âme sans faire abstraction du corps. Si les éléments biographiques dont nous disposons, correspondance à l’appui, témoignent de la part de Huysmans d’une expérience personnelle de la maladie et d’une fréquentation de médecins, on constate, plus encore, une appétence érudite et un goût de la documentation médicale qui ne faiblira pas, documentation insérée parfois à l’état brut au point de menacer le roman dans sa définition générique. Il s’agit donc de s’intéresser au savoir médical de l’écrivain, acquis souvent par la lecture de petites revues ou de sources de seconde main, mais aussi de s’interroger sur le devenir d’une certaine déception à l’égard de la clinique, à partir d’À Rebours et de manière plus visible encore dans Là-Bas. Comment Huysmans offre-T-Il dans son œuvre à la fois une critique de la médecine et l’idée d’une physiologie des âmes, associée à l’image d’une Église thérapeute ? Comment la médecine, de référence naturaliste, devient-Elle l’expression du mystère d’un Dieu incarné ? Le sujet entend donc se situer à un nœud entre histoire des sciences et des idées, histoire de la littérature et connaissance de Huysmans lui-Même.

  • Titre traduit

    J.-K. Huysmans and medicine : from the “clinicien ès lettres” to the physiologist of the soul


  • Résumé

    Studying relations between Huysmans (1848-1907) and medicine, it is looking over a paradox; the one of a writer who first was a naturalist strongly influenced by Zola and medicine whose method was at that time a model for writers. Despite a conversion into Catholicism, at the beginning of the 1890s, Huysmans writing is impregnated with pictures issued from physiology and medical vocabulary. These last two items are specific of the author style “the spiritualist naturalism” which is meant to tell the soul without excluding the flesh. We can notice, reading the biographical elements at our disposal, particularly letters, that Huysmans had an intimate knowledge of disease and acquaintance with doctors, as well as a real taste for medical documentation; this strong and particular taste didn’t fade, Huysmans will include medical sources and documents as they were, up to point of threatening, in his works, the very name of novel. The main interest will be focused on the writer medical knowledge built upon reading medical and scientific journals and sources. This work will also lead to question the path followed by Huysmans upon a certain deception about the clinic, starting with À Rebours and more obviously in Là-Bas. How can he offer in his novels a combination of a critical review of medicine and the idea of a soul physiology, these associated with the picture of the Church as a therapist? How medicine from a naturalistic point of view can become the way to express the mystery of an embodied God?The subject of this work means to locate itself at the crossing point between sciences and ideas history, literature history and knowledge of Huysmans himself.

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