Romulus, Quirinus et Victoria : la construction d’un destin collectif à Rome entre 338 et 290 av. J.-C.

par Karlis Vé

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Alexandre Grandazzi.

Le président du jury était John Scheid.

Le jury était composé de John Scheid, Dominique Briquel, Karl-Joachim Hölkeskamp, Michel Humm, Bruno Poulle, Adam Żółtowski.


  • Résumé

    La période entre 338 et 290 av. J.-C. fut un tournant pour Rome, car elle vit la soumission des Latins et la défaite des Samnites, ce qui permit à l’Urbs de devenir la première puissance italique. On assista donc à l’avènement d’un impérialisme romain. Se pose alors la question de l’idéologie d’État de cette Rome en transition. Comme cette expansion fut accompagnée par la construction, à Rome, de dix nouveaux temples, souvent dédiés à des divinités nouvelles, et que toute divinité exprimait une idéologie, il nous a semblé possible de reconstituer, dans ses grands traits, cette idéologie d’État grâce aux nouvelles divinités et leurs sanctuaires. Nous avons donc choisi d’analyser deux nouveaux temples : celui de Quirinus et celui de Victoria. Le choix de Quirinus s’explique par le fait que ce dieu avait, on l’a montré, déjà été assimilé à Romulus ; quant à Victoria, on l’a choisie pour trois raisons : elle était une déesse de la victoire ; son temple fut élevé au-Dessus du Lupercal, au cœur même de la « Rome de Romulus » ; grâce aux fouilles de P. Pensabene, on peut reconstituer son sanctuaire. Puis, on a analysé les deux temples et leurs divinités à travers les concepts (cadre social de la mémoire, mémoire collective) issus de la sociologie de M. Halbwachs. On a ainsi constaté qu’à travers ces temples, l’élite dirigeante avait diffusé auprès du peuple une nouvelle identité collective affirmant le caractère exceptionnel de Rome et contenant l’idée d’une expansion illimitée de l’Urbs. Cette création d’une identité romaine impérialiste se fondant sur Romulus et la religion en général, on peut l’interpréter comme la construction d’un destin collectif pour Rome.

  • Titre traduit

    Romulus, Quirinus and Victoria : construction of a collective destiny in Rome between 338 and 290 B.C.


  • Résumé

    The period between 338 and 290 B.C. saw a sea change for Rome, because the subjugation of the Latins and the defeat of the Samnites allowed her to become the main italic power, and witnessed the advent of a roman imperialism. In this context arises the problem of the state ideology of this Rome in transition. As this expansion was accompanied by the construction of ten new temples in Rome, frequently consecrated to new deities, each of them expressing a specific ideology, we thought it possible to reconstruct the new state ideology through an analysis of the deities and shrines in question. So, for our study, we chose two new temples, those of Quirinus and of Victoria. Quirinus because of his assimilation to Romulus, Victoria because she was a deity of victory; her shrine was built above the Lupercal, at the heart of the “Rome of Romulus”; and because her temple can be reconstructed thanks to the excavations of P. Pensabene. Then we analyzed the two temples and their godheads through concepts (social frame of memory; collective memory) taken from the sociology of M. Halbwachs. In this way we came to the conclusion that, through these two shrines, the ruling élite had tried to communicate to the common people a new collective identity promoting the exceptionality of Rome and her unlimited powers of expansion. This construction of an imperialistic roman identity being based on Romulus and the religion in general, one can interpret it as construction of a collective destiny for Rome.


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