Origines et originalité américaines dans l'oeuvre de Mariane Moore

par Aurore Clavier

Thèse de doctorat en Études anglophones

Sous la direction de Christine Savinel.

Le président du jury était Hélène Aji.

Le jury était composé de Christine Savinel, Hélène Aji, Antoine Cazé, Marie-Christine Lemardeley, Benoît Tadié.


  • Résumé

    Figure moderniste à la fois centrale et marginale, radicale et anachronique, locale, cosmopolite et idiosyncratique, Marianne Moore (1887-1972) semble depuis ses débuts résister à la catégorisation. Son œuvre en vers et en prose permet ainsi de remettre en question les notions d’origines et d’originalité constamment invoquées dans les débats culturels sur l’Amérique, des années 1900 aux décennies suivant la seconde guerre mondiale. Tandis que, face à la hantise de la répétition, du retard, et de la dérivation, certains auteurs et critiques cherchent à recouvrer un fondement plus ou moins mythifiée, en passant ou non par l’Europe, elle tend à substituer à l’origine fixe les figures plurielles de l’amorce et du (re)commencement. Pour autant, son travail n’est aucunement voué aux idéaux de nouveauté et d’originalité artistiques. L’Amérique qu’elle décrit laisse affleurer les survivances de temps plus anciens, observées au filtre de multiples intermédiaires, visuels, scripturaires, et culturels. Le statut de l’auteur s’en trouve par là-même subverti, le créateur cédant le pas au lecteur, au critique, à l’artisan ou encore au bricoleur. Dès lors, la tradition n’est plus un modèle à refonder ou à exclure, mais le lieu d’aménagements continuels, où le mimétisme se révèle créatif et les importations étrangères une source d’expériences et d’adaptations, laissant toute place aux singularités irréductibles. L’enjeu de ce travail est d’étudier ces différents déplacements, ainsi que les redéfinitions qu’ils permettent autour de l’Amérique et de sa littérature.

  • Titre traduit

    American origins and originality in the work of Marianne Moore


  • Résumé

    As a modernist, Marianne Moore (1887-1972) appears both central and marginal, radical and anachronistic, local, cosmopolitan and idiosyncratic, and she seems to have resisted categorization ever since her first texts. Her verse and prose works therefore enable us to question the notions of origins and originality which constituted the heart of the cultural debates about America, from the 1900s to the decades following the Second World War. While, faced with the anxiety of repetition, belatedness and derivation, some authors and critics sought to recover a more or less mythical foundation, through Europe or not, she tended to replace the idea of a fixed origin with multiple beginnings and new starts. Yet, her work was not dedicated to the ideals of artistic novelty and originality. The America she described let the surviving forms of older times surface, and it was observed through a multiplicity of visual, scriptural or cultural intermediaries. The author’s status was thus questioned, giving way to more humble characters— the reader, the critic, the craftsman or the bricoleur. Tradition was no longer a model to be recovered or excluded, but the stage for continuous accommodation, through which mimicry could become creative and foreign imports could inspire experiments and adaptations, without erasing radical singularities. The purpose of this work is to study these various displacements, as well as the redefinitions of America and its literature they allowed.

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