Insubordination ouvrière en Argentine (1973-1976) : contribution à l’élaboration d’un « cinquième récit » des années 1970

par Jean-Baptiste Thomas

Thèse de doctorat en Études ibériques et latino-américaines

Sous la direction de Bernard Lavallé.

Le président du jury était Luc Capdevilla.

Le jury était composé de Bernard Lavallé, Luc Capdevilla, Miguel Rodriguez.


  • Résumé

    Les années 1970, en Argentine, sont marquées, jusqu’au coup d’Etat de mars 1976, par une intense montée de la conflictualité sociale en général et de la conflictualité ouvrière en particulier. Cette situation, ouverte par le Cordobazo de mai 1969, taraude les bases du régime militaire de la Révolution argentine. En 1973, le retour du péronisme au pouvoir après dix-huit années de proscription ne permet pas de juguler cette poussée. Après la mort de Juan Domingo Perón, cette dernière se poursuit sous la présidence d’Isabel Perón. Elle débouche ainsi en juillet 1975 sur la première grève générale de l’histoire argentine tournée contre un gouvernement justicialiste : c’est le Rodrigazo. Parallèlement, au sein des secteurs les plus radicalisés du mouvement ouvrier, des structures de coordination et d’auto-organisation, les Coordinadoras, font leur apparition. Ce travail, qui englobe la période constitutionnelle allant de mai 1973 à mars 1976, se centre sur les tendances à la rupture entre la base ouvrière et populaire péroniste et « son » gouvernement. A la jonction de l’histoire sociale et de l’histoire du mouvement ouvrier, puisant dans la presse de l’époque, commerciale autant que militante, ainsi que dans l’histoire orale, cette étude se veut comme une contribution à un « cinquième récit » des années 1970 en Argentine. A la différence des quatre lectures historiographiques ou « récits » qui ont prévalu depuis 1976, (« récit des militaires », « théorie des deux démons », « récit du renouveau », « récit kirchnériste »), ce travail a pour objet d’analyser les conditions d’émergence de cette conflictualité sociale, ses différentes modalités d’expression, sa cristallisation à travers diverses formes d’organisation et d’auto-organisation, mais également la façon dont la gauche radicale des années 1970 intervient en son sein.

  • Titre traduit

    Worker insubordination in Argentina (1973–1976) : contributing to a “fifth reading” of the 1970s


  • Résumé

    Until the coup of March 1976, the 1970s were characterised in Argentina by a dramatic increase of social conflict in general, and of worker conflict in particular. This situation, which was initiated by the Cordobazo of May 1969, goaded the military regime of the Argentinian Revolution. The return to power of the Peronists in 1973, after 18 years of proscription, could not stop the deepening conflict. It continued after Juan Domingo Perón’s death, and throughout Isabel Perón’s period in power. In 1975 it led to the first ever general strike in Argentinian history, which was orchestrated against a justicialist government: the Rodrigazo. Simultaneously, in the most radical sectors of the workers’ movement, coordination and self-organisation structures (the Coodinadoras) began to appear. This work covers the constitutional period from May 1973 to March 1976, and focuses on the widening rift between Perón and the workers and the population at large. It aims to contribute to a “fifth” reading of the 1970s in Argentina by positioning itself at the crossroads between social history and labour history, and basing itself on mainstream and militant press coverage of the time and oral history. Unlike the four historiographical readings which have predominated since 1976 (the “military reading”, the “two demons theory”, the “renewal reading”, and the “kirchnerist reading”) this work aims to analyses the conditions from which the social conflict emerged, the different ways in which it expressed itself, its crystallisation through various forms of organisation and self-organisation, and also the role played by the radical left in the process.

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