Emancipations féminines, impasses patriarcales et promesses de la "relation pure" : les configurations des relations amoureuses dans les séries télévisées étasuniennes de 1950 à 2010

par Céline Morin

Thèse de doctorat en Sciences de l'information et de la communication

Sous la direction de Éric Maigret.

Soutenue le 21-11-2014

à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Arts & médias (2009-2015 ; Paris) , en partenariat avec Communication, information, médias (Paris) (laboratoire) .

Le président du jury était Jacques Walter.

Le jury était composé de Éric Maigret, Jacques Walter, Marlène Coulomb-Gully, Hervé Glevarec, Jamil Dakhlia.


  • Résumé

    Les vagues d’émancipation féminines ont eu de multiples effets, plus ou moins violents, sur les modèles amoureux, ce dont témoignent les imaginaires médiatiques. L’analyse de vingt-deux séries télévisées étasuniennes diffusées entre 1950 et 2010 permet de saisir ce que ces représentations décrivent des répercussions de l’émancipation féminine sur les structures conjugales, sur les manières d’aimer et sur les imaginaires affectifs.Passée une période liminaire où les héroïnes femmes au foyer sont soumises à l’insatisfaction de leur condition et laissent transparaître les premiers échecs de l’amour romantique, un mouvement de protagonistes féminines se partage, à partir des années 1970, entre des femmes actives, avatars du féminisme libéral, et de nouvelles femmes au foyer, porteuses du féminisme radical. Deux décennies plus tard, les héroïnes trentenaires, célibataires et souvent citadines, égéries de l’après-féminisme, constituent l’amour en une menace à leur indépendance et à leur épanouissement. Enfin, la récente vague de quadragénaires, souvent veuves ou divorcées, tente de dépasser la contradiction entre indépendance et amour en élaborant des « sphères publiques intimes ».Ces héroïnes posent de façon croissante la question des nouvelles prérogatives communicationnelles dans des structures conjugales qui ne sont plus subordonnées au seul mariage traditionnel. L’avènement d’un nouvel idéal se produit, celui d’une « relation pure » au sens d’Anthony Giddens. Ce modèle permet de comprendre l’obsolescence progressive du romantisme dans les imaginaires médiatiques, confronté aux asymétries qu’il provoque entre hommes et femmes. Désormais, la relation pure apparaît comme le modèle le plus adapté à la compréhension des phénomènes contemporains en ce qu’il place l’égalité au centre de la quête amoureuse, dont la variété des formes doit être ramenée à l’impératif très contemporain de démocratie conjugale.

  • Titre traduit

    Women's emancipation-movements, patriarchal deadlocks and the promises of the "pure relationship" : the configurations of loving relationships in American television series from 1950 to 2010


  • Résumé

    Waves of women’s emancipation-movements have had multiple effects, more or less violent, on love models – effects that are echoed in media representations. The analysis of twenty-two American television series broadcasted between 1950 and 2010 captures what these representations describe of the impact of women’s movements on domestic structures, on the ways of loving and on emotional imaginaries. After an initial period wherein heroines were housewives prone to dissatisfaction with their situation and which serve as beacons of the first failures of romanticism, a movement of female protagonists is split, from the 1970s, between working women who are avatars of liberal feminism and new housewives who embody radical feminism. Two decades later, urban heroines, mostly thirty-year-old single women, personify the aftermath of feminism by considering love as a threat to their fulfillment. Finally, the recent wave of forty year olds, often widowed or divorced, try to overcome the contradiction between love and independence by building “intimate public spheres”. These heroines are increasingly struggling with the renewal of communicative tools within domestic structures that are no longer determined by the sole traditional marriage. The advent of a new ideal occurs, that of a “pure relationship” in the words of Anthony Giddens. This model helps to understand the gradual obsolescence of romanticism in media representations, due to the inequities it induces between men and women. The “pure relationship” appears to be the most suitable model for understanding the ‘new loving phenomenon’, as it puts equity at the center of the quest for love, whose variety of forms must be comprehended through the recent imperative of conjugal democracy.

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