Le grand schisme. La France, la Grande-Bretagne et les problèmes euro-atlantiques, 1957-1963

par Frederic Gloriant

Thèse de doctorat en Histoire contemporaine

Sous la direction de Frédéric Bozo.


  • Résumé

    Dès janvier 1957, après la crise de Suez, Macmillan donna toute priorité à la refondation de la « relation spéciale » anglo-américaine ; en juin 1958, de Gaulle revint au pouvoir, avec l’ambition de pratiquer une politique étrangère fondée sur l’indépendance nationale vis-à-vis des Etats-Unis. La volonté gaullienne de faire émerger une autonomie européenne entra en opposition avec la politique de la Grande-Bretagne, visant à maximiser son influence globale au sein de l’Alliance atlantique. Le heurt entre ces deux orientations fondamentales, d’abord latent, déboucha sur un schisme politico-stratégique entre Paris et Londres, que de Gaulle choisit de proclamer publiquement le 14 janvier 1963 en refusant l’entrée de la Grande-Bretagne dans la Communauté Economique Européenne et l’offre anglo-américaine de partenariat nucléaire. A la lumière des archives diplomatiques françaises et britanniques, cette thèse se concentre sur une question essentielle, mais jusqu’ici insuffisamment étudiée : le rôle qu’aura joué la relation franco-britannique et en particulier sa dimension politico-stratégique à une époque cruciale pour la constitution de l’architecture de sécurité euro-atlantique dans un monde dominé par la guerre froide. En croisant les perspectives européenne et transatlantique, cette étude montre le lien entre la construction politico-stratégique de l’Europe et les évolutions de l’OTAN et permet ainsi de mieux comprendre certaines tendances fondamentales de la politique étrangère de la France et de la Grande-Bretagne dans la longue durée, ces deux pays représentant depuis lors des positions extrêmes dans le débat opposant atlantistes et partisans de l’« Europe européenne ».

  • Titre traduit

    The Great Schism : France, Britain and the Euro-Atlantic Issues, 1957-1963


  • Résumé

    From January 1957 onwards, following the Suez crisis, Macmillan prioritised the rebuilding of the Anglo-American “Special Relationship”; in June 1958, de Gaulle returned to power, with the ambition to deliver a foreign policy grounded in the principle of French national independence from the United States. De Gaulle’s desire to promote a strategic European autonomy came into conflict with a British foreign policy designed to maximise British influence within the framework of the Atlantic Alliance. The fundamental clash between these two directions of travel, latent at first, resulted in a politico-strategic schism between Paris and London, which de Gaulle chose to expose publicly on January 14, 1963, by vetoing the British entry into the European Economic Community and turning down the Anglo-American offer of a nuclear partnership.Drawing on the French and British diplomatic archives, this thesis will examine a crucial question which, until now, has been insufficiently analysed: the role that Anglo-French relations played, especially their politico-strategic dimension, during a period which proved crucial for building the architecture of Euro-Atlantic security, in a world dominated by the Cold War. By bringing together European and transatlantic perspectives, this study demonstrates the links between the politico-strategic dimension of the European project and the development of NATO, and thus improves our understanding of fundamental long-term trends in British and French foreign policies, namely how, from that point on, Britain and France came to represent two antagonistic positions within the debate between Atlanticists and supporters of “European Europe”.

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