Accords et désaccords. Pratiques et représentations de la guitare à Madrid et en Andalousie de 1883 à 1922

par Vinciane Trancart

Thèse de doctorat en Études hispaniques

Sous la direction de Marie Franco.

Soutenue le 25-10-2014

à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Europe latine et Amérique latine (....-2015 ; Paris) , en partenariat avec Centre de recherche sur l'Espagne contemporaine (Paris) (laboratoire) et de EA 2292 - Centre de Recherche sur l'Espagne Contemporaine XVIIIe - XIXe - XXe siècles (laboratoire) .


  • Résumé

    À la charnière entre les XIXe et XXe siècles, alors que la question de l’identité nationale se pose avec acuité en Espagne, la guitare y est à maintes reprises évoquée comme « l’instrument national ». Ce lieu commun se révèle finalement être un symbole paradoxal d’une identité encore en débat. Tandis que le cliché caricature la réalité en la simplifiant, les pratiques de la guitare se diversifient au contraire pendant la Restauration, en raison des transformations techniques de l’instrument et de l’évolution de la musique populaire, classique et flamenca. La composition en 1920 par Manuel de Falla de la première pièce pour guitare soliste (Hommage à Debussy) et l’organisation du Premier Concours de Cante Jondo à Grenade en 1922 attestent la progressive reconnaissance de l’instrument. Pourtant, la multiplication des imprimés, favorisée par la loi de liberté de la presse (1883), donne lieu à de nombreuses représentations littéraires et plastiques de la guitare qui ne reflètent pas fidèlement ces mutations. Elles mettent surtout en lumière son caractère populaire, andalou, voire flamenco, et sa capacité à imprégner l’imaginaire. Publiées dans des périodiques andalous ou madrilènes, ces œuvres influencent la réception de l’instrument : celui-ci est à la fois apprécié par un public de plus en plus large, méconnu car il est absent des musées et des institutions, et rejeté selon des critères sociaux et moraux en raison de sa présence dans des lieux décriés. Pourtant, même lorsque le stéréotype est contesté, la guitare revêt une dimension symbolique originale, ancrée dans le quotidien, qui se manifeste à travers l’émotion qu’elle suscite.

  • Titre traduit

    Harmony and Disharmony. Guitar Practices and Representations in Madrid and Andalusia from 1883 to 1922


  • Résumé

    During the transition from the nineteenth to the twentieth centuries, when the question of national identity is continuing to develop in Spain, the guitar is repeatedly mentioned as the “national instrument”. This platitude ultimately proves to be a paradoxical symbol of an identity that is still under debate during this period. While stereotypical descriptions caricature the reality by oversimplifying it, on the contrary, guitar practices diversify during the Restoration, because of technical changes in the instrument and the evolution of folk, classical and flamenco music. The composition in 1920 by Manuel de Falla of the first piece for solo guitar (Homenaje a Debussy) and the organization of the First Contest of the Cante Jondo in Granada in 1922 testify to the gradual recognition of the instrument. Yet the proliferation of printed matter, favored by the freedom of the press law (1883), gives rise to numerous literary and visual representations of the guitar that do not accurately reflect these changes. They mostly bring out its popular, Andalusian and even flamenco character, and its ability to impregnate the imagination. Published in periodicals in Madrid or Andalusia, these works influence the reception of the instrument: it is both appreciated by an increasingly wide audience, disregarded for being absent from museums and institutions, and rejected by social and moral standards because of its presence in decried places. Yet, even when this stereotype is disputed, the guitar takes on an original symbolic dimension, rooted in everyday life, which manifests itself through the emotions it provokes.


  • Résumé

    En la bisagra entre los siglos XIX y XX, cuando la cuestión de la identidad nacional se planteaba con intensidad en España, se aludió muchas veces a la guitarra como el “instrumento nacional”. Este lugar común aparece como un símbolo paradójico de una identidad todavía en debate. Mientras que el cliché caricaturiza la realidad simplificándola, las prácticas de la guitarra, por el contrario, se diversificaron durante la Restauración, debido a las transformaciones técnicas del instrumento y a la evolución de la música popular, clásica y flamenca. La composición en 1920 por Manuel de Falla de la primera obra para una guitarra solista (Homenaje a Debussy) y la organización del Primer Concurso de Cante Jondo en Granada en 1922 dan fe del progresivo reconocimiento del instrumento. Sin embargo, la multiplicación de los impresos, favorecida por la Ley de Policía de Imprenta (1883), dio lugar a numerosas representaciones literarias y plásticas de la guitarra que no reflejaban fielmente esas mutaciones, sino que destacaban, sobre todo, su carácter popular, andaluz e incluso flamenco, y su capacidad de impregnar todo el imaginario colectivo español. Publicadas en periódicos andaluces o madrileños, estas obras influyeron en la recepción del instrumento que, apreciado por un público cada vez más amplio, resultaba también desconocido, por su ausencia en museos e instituciones, al mismo tiempo que era rechazado según criterios sociales y morales por su presencia en lugares considerados deshonrosos. No obstante, incluso cuando se critica el estereotipo, la guitarra posee una dimensión simbólica, enraizada en lo cotidiano, que se manifiesta a través de la emoción que suscita.

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