Raymond Queneau ou la quête de bonheur - À la lumière de la sagesse chinoise

par Jing Ji

Thèse de doctorat en Littérature française

Sous la direction de Alain Schaffner et de Dali Shen.

Le président du jury était Daniel Delbreil.

Le jury était composé de Alain Schaffner, Dali Shen, Daniel Delbreil, Qingsheng Tian, Hong an Guo.


  • Résumé

    Des soucis les plus réels aux affres métaphysiques, Queneau est constamment angoissé par le malheur existentiel et cherchent ainsi l’apaisement spirituel par plusieurs moyens, dont les traditions de l’Orient. Par le biais de René Guénon et des sinologues, il a accès à la pensée chinoise en lisant des classiques et se sent surtout proche des idées du taoïsme. L’intérêt de Queneau à l’orientalisme provient d’une introspection sur les valeurs modernes occidentales. En doutant si l’homme serait capable de distinguer le réel de l’illusion, le vrai du faux, il montre l’attitude sceptique envers le rationalisme. Bien qu’il conçoive ses romans autour du principe de dualité, il met en relief l’interaction et la dépendance mutuelle entre les mondes opposés, tout comme le couple Yin-Yang. Il fait combiner des qualités contradictoires chez un même être, ce qui passe pour une tentative de conciliation des contraires. Les doutes de Queneau s’inscrivent sur trois plans, à savoir la capacité, l’objet et l’outil de connaissances, et présentent bien des analogies avec le scepticisme de Tchouang-tseu. Par l’abdication du désir, Queneau recommande d’abord la simplicité et l’humilité comme recettes de vie. Puis, il préconise l’extinction de l’égo et le détachement spirituel, afin de dépasser des contraintes corporelles et d’apaiser les angoisses existentielles. Il dépeint des personnages heureux à l’image du sage taoïste, qui se caractérisent par l’innocence, l’indifférence et la tranquillité. En suivant la sagesse de non-intervention, on accepte tout dans la vie avec une âme imperturbable et retrouve la béatitude parfaite, incarnée par l’état serein et vital à la naissance.

  • Titre traduit

    Raymond Queneau's pursuit of happiness - From a perspective of chinese philosophy wisdom


  • Résumé

    Raymond Queneau hides his anxious and pessimistic soul under his humorous appearance. To get rid of the anxiety of human being and acquire peaceful mind - true essence of happiness in his viewpoint, he keeps keen interest to orient cultures. Through wide readings, such as the literature of Rene Guénon, many sinologists and the translations of the Taoist classics, Queneau mentions frankly in his diary that he has deeply resonance with ancient China sages.Queneau’s devotion to the orient religion and culture comes from his reflection to Western modern civilization and value. Queneau expresses his confusion of “life is but a dream” with doubts about Logos. Although his productions are filled with “binary pattern”, he emphasizes the interpenetration of opposite sides, which is exactly the same with Chinese Yin-Yang ideology. He deliberately obscures the boundary of opposite sides to combine the seeming inconsistent characteristics into the one unit, which can be regarded as his attempt to reconcile contradiction and shows the bud of relativism. From three aspects of cognition, that is, capacity limitations of cognitive subject, instability of cognitive object and fraudulence of humain language, his novels have lots of similarities with Zhuang-zi’s skepticism. Queneau regards human greed as the source of evil, and proposes the recipe of keeping simple and humble. To break the shackles of time and history, and realize true quiet and spiritual freedom, we need to overcome egoism. Queneau’s characters, like Taoist Sages, are natural and indifferent to the exterior world. They master the way of not-doing, take what comes and be contented. Going back to the original state of infant, they can reach the real inner happiness.


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