L'interprétation en Langue des Signes Française : contraintes, tactiques, efforts.

par Sophie Pointurier-Pournin (Pointurier)

Thèse de doctorat en Traductologie

Sous la direction de Daniel Gile.

Soutenue le 30-06-2014

à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Langage et langues (Paris) , en partenariat avec CLESTHIA (Paris) (laboratoire) et de École supérieure d'interprètes et de traducteurs (Paris) (École) .

Le jury était composé de Daniel Gile, Ivana Cenkova, Fayza El Qasem, Solange Hibbs.


  • Résumé

    En partant du cadre conceptuel des modèles IDRC (Interprétation-Décisions-Ressources- Contraintes) et du modèle d'Efforts de l'interprétation simultanée de Daniel Gile entre langues vocales, nous tenterons d'analyser le processus de l'interprétation en langue des signes et étudierons la charge cognitive inhérente au passage d'une langue vocale (canal audio-vocal), à une langue signée (canal visuo-gestuel). Nous analyserons en premier lieu l’ensemble des contraintes concourant à l’exercice de l’interprétation en langue des signes pouvant se distinguer de celles généralement observées en interprétation entre langues vocales (nous incluons les langues vocales syntaxiquement très éloignées) telles que les contraintes socio-économiques, les contraintes linguistiques et enfin les contraintes d’espace. Nous procéderons ensuite à une analyse cognitive du processus de l’interprétation en nous référant au modèle d'Efforts de l’interprétation simultanée de Gile (Effort d'Écoute et d'Analyse, Effort de Mémorisation à court terme, Effort de Production, Effort de Coordination de ces trois activités simultanées), et nous chercherons à envisager sa transposition aux langues des signes. Pour mieux comprendre les mécanismes constitutifs du processus, nous observerons particulièrement le concept de scénarisation (Séro-Guillaume, 2008) pour une première analyse de la charge cognitive de l’interprète en action. Cette capacité de représentation synthétique visuelle est-elle plus ou moins grande si on prend en compte le degré d'abstraction du discours, la technicité de l'énoncé, le manque de correspondances lexicales, le contexte de l'interprétation (pédagogique, conférence, etc.), la préparation ? Notre analyse du processus se base sur un corpus constitué de plusieurs études empiriques d’interprétations vers la langue des signes : une étude semi-expérimentale, une étude de cas naturaliste et une étude expérimentale, ainsi que sur des interviews d’interprètes et un focus group. Les observations faites sur l’ensemble de ces études nous ont permis de croiser nos données et de dégager les éléments pertinents de nos résultats pour une avancée dans la compréhension du processus cognitif de l’interprétation en langue des signes.

  • Titre traduit

    Sign Language Interpreting : constraints, tactics, efforts


  • Résumé

    Taking as its point of departure the conceptual framework provided by the IDRC models (Interpreting-Decisions-Resources-Constraints) and Daniel Gile’s Effort model of simultaneous interpreting between spoken languages, this thesis aims to analyse the process of sign language interpreting and study the cognitive load inherent in encoding information from a spoken language (an auditory-vocal modality of language production) into signed language (a vision and gesture-based modality). The first part of the work analyses the set of constraints involved in the exercise of sign language interpreting, as distinguished from those generally observed to apply between spoken languages (including languages syntactically far apart), such as socio-economic constraints, linguistic constraints and, finally, spatial constraints. There follows a cognitive analysis of the interpreting process with reference to Gile’s Effort model of simultaneous interpreting (Listening and Analysis Effort, Memory Effort, Production Effort, Effort of Coordination of these three simultaneous activities), with an attempt to envisage transposing its application to sign language. In order to gain better understanding of the constituent mechanisms of the process, initial analysis of the cognitive load of the interpreter in action accords particular attention to the concept of scénarisation (scene-staging) (Séro-Guillaume, 2008). Is this capacity for creating a visual picture from sequential meaning greater or lesser when factors such as the degree of abstraction of the speech, the technicality of its content, a lack of lexical correspondence, the interpreting context (educational setting, conference setting, etc), and the amount of preparation are taken into account? Analysis of the process is based upon a corpus comprising several empirical studies of interpreting into sign language: a semi-experimental study, a naturalistic case study, and an experimental study, as well as on interpreter interviews and a focus group. The observations drawn from all of these studies have enabled cross-referencing of our data and the identification of the relevant elements of our research results in order to advance understanding of the cognitive process of sign language interpreting.


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Informations

  • Détails : 1 vol. (460 f.)
  • Annexes : Notes bibliogr. Bibliogr. p. 321-330

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